L’équilibre d’un jardin au naturel passe notamment par la préservation de la biodiversité. En effet, les animaux auxiliaires (qui aident le jardin) et certaines plantes sont un moyen de lutte naturel et efficace contre les ravageurs et ils maintiennent l’équilibre naturel du jardin.

QUELS SONT LES AUXILIAIRES DU JARDIN ?

Les prédateurs

Ils se nourrissent des espèces ravageurs du jardin et en régulent le développement.

  • Qui sont-ils ?

Pour les plus gros, ce sont notamment le crapaud (crapaud commun), la chauve-souris (pipistrelle commune), le hérisson et la mésange (mésange bleue), etc.
coccinelle

Pour les plus petits, on trouve le perce-oreille, la chrysope, la coccinelle, les carabes, la larve de syrphe, le staphylin, le ver luisant, les araignées, la lithobie, etc.

On trouve aussi les prédateurs pratiquant le parasitisme : les parasitoïdes des ravageurs. Ces derniers pondent leur œuf dans leur proie. La larve naissante se nourrira de l’intérieur de son hôte jusqu’à la mort de celui-ci. On trouve les aphididés et les ichneumons.

 

Les pollinisateurs

Ils sont indispensables à la reproduction des plantes en transportant le pollen.

  • Qui sont-ils ?abeille

Ce sont notamment les abeilles, les bourdons, les volucelles, les syrphes et les papillons. Le papillon est un excellent exemple d’équilibre dans le jardin. La chenille est parfois considérée comme ravageur mais le papillon, lui, est un pollinisateur.

Les décomposeurs

Ils recyclent la matière organique en matière assimilable par les plantes : la matière minérale.

  • Qui sont-ils ?

    cloporte auxiliaire

Ce sont les vers de terre, les cloportes, les collemboles, les bactéries et les champignons

 

Les bactéries sont essentielles à la fertilité du sol ; elles sont indispensables à la minéralisation de la matière morte. Sans elles, pas de décomposition.

Le champignon par ces mycéliums (ou « racines ») participe au recyclage de la cellulose et de la lignine qui font que les tiges des plantes ou les troncs d’arbres sont durs. Il vit souvent en symbiose avec des arbres, les « aidant » à mieux assimiler les éléments dont ils ont besoin.

COMMENT FAVORISER LA PRESENCES DES AUXILIAIRES ?

Pour favoriser la présence des auxiliaires, il faut savoir leur offrir le gîte (confort et reproduction) et le couvert (pour les adultes et les larves).

Supprimer les insecticides

Les pesticides autorisés en jardin amateur sont le plus souvent des « tue-tout » qui n’épargnent pas les auxiliaires naturels et déstabilisent l’équilibre du jardin. En utilisant ces insecticides, on se prive  de l’aide spontanée apportée par les prédateurs naturels de pucerons : coccinelles, perce-oreilles, chrysopes …

A savoir : L’utilisation, la détention et l’achat de pesticides de synthèse par les particuliers est interdite depuis le 1er janvier 2019 (Lois Labbé 2014 et Transition énergétique 2015).

Pour info : Même les insecticides dits biologiques (à dégradation plus rapide) comme la pyréthrine et la roténone tuent « tout ce qui bouge » dans le rayon de dispersion du produit.

Effectuer un bon choix de plantes

Ce sont surtout les végétaux d’origine locale qui permettent d’attirer les insectes. Ainsi, on peut planter dans son jardin des essences d’arbres et d’arbustes propices au développement de la biodiversité comme le noisetier, le sureau, le charme, le cornouiller, l’érable champêtre, la viorne obier, etc. Veiller à choisir diverses plantes dont la floraison s’étale sur toute l’année afin d’attirer les insectes.
fleur_noisetier 

Vous pouvez également semer des graines de plantes sauvages que vous aurez récupérées, comme le fenouil, la grande berce, la carotte sauvage ou le lamier blanc. Ces plantes, dites « nectarifères », constituent une ressource pour bon nombre d’insectes auxiliaires.

Si, dans votre jardin, vous avez des végétaux divers et variés, vous aurez probablement une faune diversifiée, c’est ce que l’on appelle la biodiversité.

 

Les plantes relais :fleur_valeriane

Quelques plantes comme la capucine, la tanaisie, la valériane ou l’ortie ont la particularité d’attirer fortement les pucerons (syndrôme de la tige noire). Elles présentent ainsi un intérêt majeur : la présence des pucerons déclenchera l’arrivée des prédateurs qui viendront pondre leurs œufs au plus près et défendront l’ensemble des plantes du jardin.

Pour info : Les pucerons de l’ortie et de la valériane sont dits « spécifiques » : ils ne s’attaquent pas aux autres plantes.

 

Les plantes mellifères :

lavandeCes plantes souvent nectarifères ont la particularité d’offrir de la nourriture aux oiseaux et d’attirer les insectes pollinisateurs (abeilles, papillons, syrphes, etc.) et de les nourrir via leur nectar. Ces derniers, en butinant de fleur en fleur, favorisent le bon développement et l’équilibre du jardin.

Exemple de plantes mellifères ?  La pâquerette, le pissenlit, le bleuet, le trèfle, la menthe, la lavande, la marjolaine, la verveine, la mélisse, l’origan, la bourrache, la sarriette, la phacélie, la bruyère, le myosotis, le souci, le lierre, la glycine, etc.

COMMENT ADAPTER L’ENTRETIEN DU JARDIN ?

Comment adapter l’entretien du jardin ?

Un jardin trop entretenu où « rien ne dépasse », ne comportera pas de zone adaptée à la vie des auxiliaires. C’est pourquoi il est préférable de :

Laisser fleurir la pelouse !

En adoptant une taille haute (6 à 8 cm), on favorise la présence des carabes, des araignées, … ainsi que celle des pollinisateurs qui viennent profiter des fleurs apparues spontanément : trèfle blanc, véronique, pâquerette…

Installer une prairie fleurie dans votre jardin :

Une prairie fleurie est un milieu idéal pour amener de la biodiversité au jardin. De plus, il existe une grande variété de mélanges annuels ou bisannuels pour prairies fleuries. Ceux-ci  s’adaptent à tous types de sols (calcaires, humides, secs) et de jardins (petits et grands espaces, exposition ensoleillée ou ombragée).

Les  fleurs composant la prairie peuvent être des vivaces, des annuelles ou des graminées.

Le sol doit préalablement avoir été préparé pour accueillir la prairie fleurie. Si des herbes indésirables sont présentes sur la parcelle de terrain, un faux-semis peut être effectué avant d’implanter la prairie.

Pour votre prairie fleurie, les semis composés de plantes mellifères peuvent être privilégiés pour attirer un maximum de biodiversité avec un mélange de fleurs vivaces, annuelles ou pluriannuelles dont la période de semis vous convient : la période de semis s’échelonne de mars à octobre selon les espèces. Une fois bien installée, la prairie sera à faucher une à deux fois par an.

Pailler au pied des haies :

Dès la fin de l’automne,  les feuilles mortes peuvent être poussées au pied des haies et des parterres et complétées si besoin par des paillages supplémentaires (tontes d’herbes séchées ou paillages du commerce…). Vous favoriserez l’activité des décomposeurs et fournirez ainsi une précieuse couverture hivernale à certains auxiliaires comme la coccinelle.

Accepter les herbes spontanées :

Ortie, ronce, lierre et compagnie… apprenez à reconnaître les « mauvaises » herbes, c’est ainsi que les appellent ceux qui méconnaissent leurs qualités, et mieux, sélectionnez-les. En étant prudent, il est toujours temps d’enlever celles qui vous envahissent.

Si l’ortie procure un excellent engrais, elle accueille aussi de nombreuses chenilles de papillons comme le paon du jour et attire de très nombreux insectes auxiliaires comme les coccinelles ou les chrysopes. Le lierre nourrit les abeilles en fin d’automne et ses lianes et feuilles servent de refuges à certains auxiliaires. La ronce est certes prolifique mais son développement est contrôlable. Ses services sont immenses. Sa tige à moelle héberge de nombreux auxiliaires, procure du nectar aux pollinisateurs et peut servir d’abri pour un nid d’oiseau comme le rouge-gorge, consommateur d’insectes.

Conservez une friche :

Si vous avez la place, n’hésitez pas à laisser une petite zone de votre jardin en friche. Contrôlée, elle ne vous envahira pas et sera parfaite pour accueillir bon nombre d’animaux dont les insectes auxiliaires.

Compostez vos déchets !

Au lieu de jeter vos déchets organiques à la poubelle, compostez-les. Un compost bien entretenu et de composition variée est une mine pour les cloportes, les vers de fumier…

Comment offrir un environnement propice aux auxiliaires ?

Diversifier les habitats du jardin :

La diversification des habitats et des végétaux est essentielle dans un jardin car toutes les espèces n’ont pas les mêmes besoins.

Par exemple :
• Les oiseaux ont besoin d’arbres et d’arbustes pour se loger : veiller à ce que le jardin comporte diverses essences d’arbres et/ou d’arbustes.
• Les pollinisateurs ont besoin de zones fleuries pour se nourrir : veiller à implanter des plantes mellifères.
• Les hérissons et les crapauds ont besoin d’endroits tranquilles (à l’abri des regards) pour se loger (tas de bois, tas de feuilles mortes, etc.) : veiller à laisser des abris pour ces espèces.

Comment créer des refuges pour les auxiliaires ?

Dans certains cas, les larves des prédateurs sont plus voraces que les adultes. Mais, pour que les larves colonisent le jardin, les adultes doivent y avoir pondu. On peut favoriser l’installation de ces derniers en créant des refuges.

Refuge pour auxiliaire

Des aménagements faciles à réaliser :

  • un tas de branchages laissés à l’abandon dans un coin du jardin sera un bon abri.
  • quelques grosses pierres ou, mieux, un muret en pierres plates non cimentées permettront à bon nombre de petits insectes de s’installer.
  • une zone sableuse ou terreuse laissée nue permet aux petits hyménoptères (abeilles solitaires par exemple) de coloniser le jardin.
  • un point d’eau : un trésor pour toutes les espèces.
  • un fagot de tiges creuses et/ou à moelle pour les abeilles solitaires.
  • un pot de terre fourré de paille pour les perce-oreilles.
  • un nichoir à mésange bleue.
  • un abri hivernal à coccinelles et à chrysopes.
  • un abri à chauve-souris.

Sources :