Le chauffage au bois peut constituer une source importante de pollution de l’air. Des gestes simples peuvent nous permettre de réduire considérablement la quantité de polluants atmosphériques libérés par cette pratique individuelle.

Le chauffage au bois : quels risques pour la santé ?

Pour de nombreuses personnes, le chauffage au bois représente une pratique sûre et naturelle. S’il est vrai qu’en théorie, une combustion parfaite ne produirait que du dioxyde de carbone (CO2), de l’eau et des cendres, en pratique la combustion parfaite n’existe pas. Ainsi, le brûlage du bois provoque de la fumée contenant des substances toxiques. Le chauffage au bois représente donc une source importante de pollution atmosphérique en raison des nombreux polluants toxiques qu’elle émet dans l’air :

  • particules fines,
  • particules de suie,
  • dioxines,
  • hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP),
  • composés organiques volatiles (COV).

Bien qu’il contribue très peu aux émissions de dioxyde de souffre (SO2) et d’oxydes d’azote (NOX), le chauffage au bois représente le principal émetteur de particules en suspension en Europe. En effet, contrairement aux idées reçues, la circulation routière contribuerait à l’émission de 22 % des particules en suspension en Europe tandis que la combustion résidentielle, et plus particulièrement le chauffage au bois, participe à l’émission de 56 % des particules en suspension.

Selon l’Agence Européenne pour l’Environnement, la pollution de l’air extérieur due aux particules provoque chaque année environ 400 000 décès prématurés en Europe et serait responsable de maladies graves chez des millions d’Européens. Les particules fines provoqueraient une augmentation des risques de maladies du cœur, de thromboses, de maladies graves des voies respiratoires ou encore de cancers.

Les gestes à adopter pour réduire son impact

Si rien ne change, les émissions de particules issues de ces pratiques augmenteront jusqu’à représenter près de 70 % des émissions totales au sein de l’Union Européenne en 2030. Plusieurs solutions existent pour limiter l’impact de la combustion résidentielle sur l’émission des polluants :

  • Choisir le bon type d’appareil

Les foyers ouverts, les foyers fermés et les inserts installés avant 1996 sont les sources de chaleur à combustion les plus émettrices de particules en suspension. Si vous souhaitez vous munir d’un appareil à combustion, il est préférable d’opter pour des poêles qui sont quatre fois moins polluants que les cheminées. Mais là encore, il existe des différences : les poêles à bûches produisent deux fois plus de particules en suspension que les poêles à granulés. Pour limiter au maximum son émission de particules en suspension, le mieux est d’opter pour une chaudière individuelle ou collective.

  • L’allumage du feu

80 % des émissions polluantes (notamment les particules en suspension et les COV) auraient lieu durant les 10 à 15 minutes suivant l’allumage de l’appareil à combustion. Il est donc important de ne pas négliger cette étape. Pour réduire ces émissions polluantes de 30 à 50 % lors d’un allumage à froid, il est conseillé d’effectuer un allumage par le haut.

  • L’humidité du bois

L’humidité du combustible est également un critère à prendre compte. Il est conseillé d’utiliser du bois ayant une humidité inférieure à 25 %. En cas d’humidité supérieure à 25 %, le rendement de la combustion sera plus faible et une plus grande quantité de polluants sera libérée lors de la combustion. Pour s’assurer d’avoir un combustible sec, il est possible de choisir des essences qui sèchent rapidement tel que le bois de feuillus : bouleau, charme, hêtre, peuplier, saule… A noter qu’il est déconseillé d’utiliser du bois de chêne ou de résineux comme combustibles, ces derniers encrassant l’appareil de chauffage. Enfin, quelle que soit l’essence de bois utilisée, il est préférable de choisir des bûches de petites tailles et fendues afin de s’assurer de la faible humidité du combustible.

  • Éviter une combustion à allure réduite

Toujours dans un souci de limiter les émissions de polluants, il est déconseillé de faire fonctionner l’appareil de combustion à allure réduite. Bien que cette pratique permette un confort optimal, notamment pour ne pas avoir trop chaud, elle est aussi très émettrice de particules en suspension. Il est donc préférable d’allumer un feu vif dégageant une forte chaleur dans le but d’atteindre le plus rapidement possible l’allure nominale, phase du feu où la combustion est la plus complète et où les émissions de particules en suspension sont plus faibles.

  • Opter pour une meilleure isolation

Une des meilleures mesures à adopter consiste à minimiser la consommation de chaleur des habitations par une meilleure isolation. Que le chauffage au bois soit une source de chaleur supplémentaire ou principale, la rénovation énergétique de l’habitation permettra de réduire efficacement la quantité de bois brûlé et la pollution atmosphérique qui en est issue.

  • Ne pas brûler ses déchets verts

En plus d’être interdit, le brûlage de bois et autres déchets verts à l’air libre produit une grande quantité de polluants. Des solutions existent comme le compostage domestique pour les tontes de pelouse et feuillages. Il est possible également de broyer les branchages et de les utiliser en paillage. Autre solution : déposer vos déchets verts en déchetterie.

Pour aller plus loin

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MOTS-CLES : pollution de l'air