Le Haut conseil de la santé publique (HCSP) a mis à jour les repères alimentaires du Programme national nutrition santé (PNNS) pour les enfants de 0 à 36 mois et de 3 à 17 ans. Parmi les nouveautés, une place importante est accordée à la prévention de l’obésité infantile, facteur de risque majeur de l’obésité de l’adulte. La présentation de ces nouveaux repères alimentaires, adaptée au grand public, sera faite sur le site mangerbouger.fr.

Des repères nutritionnels adaptés aux enfants

Les repères ont été conçus pour permettre à chacun d’adapter son alimentation, ou celle de ses enfants, en fonction de ses goûts, ses préférences, ses traditions, ainsi que de ses besoins, selon son activité physique… Ils ont été définis dans le but de permettre un état de santé et une croissance optimale à tous les enfants. C’est pourquoi, les recommandations sont divisées en 2 parties exprimées :

  • en nombre de mois pour la petite enfance (0 à 36 mois). En effet, les enfants âgés de 0 à 36 mois présentent plusieurs spécificités. C’est une période de croissance rapide et de développement intense des fonctions neurologiques, gastro-intestinales, cognitives et des capacités orales. Durant cette période, l’organisme est particulièrement sensible à l’effet de son environnement nutritionnel qui est susceptible d’influencer son développement et sa santé à long terme. C’est aussi au cours de cette période que se produisent d’importants changements dans l’alimentation et que les habitudes prises, en termes d’alimentation, d’activité physique de sommeil, conditionnent en grande partie le comportement de l’adolescent puis celui de l’adulte.
  • en âge atteint pour l’enfance (de 3 à 17 ans). Cette période est marquée par une croissance continue, avec un pic de croissance avant l’adolescence, plus précoce chez les filles que les garçons. Les besoins nutritionnels des enfants de 3 à 17 ans sont donc variables et dépendent de l’âge, de leur stade de croissance, et de leur niveau d’activité physique. Les recommandations nutritionnelles pour cette tranche d’âge ont été développées afin de répondre aux besoins de l’enfant, ainsi qu’à la mise en place d’habitudes alimentaires qui pourront être poursuivies tout au long de la vie.

 

Zoom sur quelques nouvelles recommandations

De nouveaux repères concernent la diversification de l’alimentation des bébés. Le Haut conseil préconise à présent de démarrer tôt cette diversification, soit entre 4 et 6 mois. Il recommande également d’y inclure une grande variété d’aliments (y compris viande, œufs et poisson).

Les tailles des portions ont également été précisées. Le HCSP précise qu’il est important de « laisser l’enfant manger raisonnablement à satiété, et ne pas le forcer à terminer son assiette ».

Et si les quantités sont variables, la qualité du régime alimentaire recommandé aux enfants reste très proche de celle du régime des adultes. On retrouve d’ailleurs dans ces repères alimentaires les mêmes nouveautés que dans les dernières recommandations faites aux adultes :

  • limiter la consommation de produits grillés,
  • privilégier des aliments bruts, non transformés et cultivés selon des modes de production diminuant l’exposition aux pesticides (bio, notamment) pour les fruits et légumes, les légumineuses et les produits céréaliers complets.

 Voir l’actualité Des nouvelles recommandations sur l’alimentation, l’activité physique et la sédentarité

 

Prévention de l’obésité chez l’enfant

Alors que dans les années soixante, l’obésité et le surpoids ne concernaient que 3 % des enfants, leurs proportions ont été quasiment multipliées par 6, pour atteindre au global 17 % en 2015-2016.

Parmi les responsables, les publicités alimentaires à destination des enfants.

En effet, la « malbouffe » (restauration rapide, confiseries et chocolat…) est présente dans près de 90 % des publicités à destination des enfants.

L’UFC-Que choisir a d’ailleurs réalisé une étude sur les publicités alimentaires destinées aux enfants. L’association a ainsi calculé le Nutri-Score de près de 200 produits promus dans les publicités. Résultats : « pour les aliments ‘tout public’, on observe une répartition assez équilibrée dans les 5 classes de Nutri-Score. En revanche, pour les aliments destinés aux enfants, il y a surabondance de produits trop gras, trop sucrés ou trop salés : 88 % des spots concernent des aliments de Nutri-Score ‘D’ et ‘E’, c’est-à-dire les deux classements les plus défavorables du point de vue nutritionnel. En proportion, les industriels ciblent donc deux fois plus les enfants que les adultes sur ces aliments ! »

C’est pourquoi, la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves), la PEEP (Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public), Familles Rurales, la FFD (Fédération française des diabétiques), le Réseau Environnement Santé, l’UFC-Que Choisir et l’UNAF (Union nationale des associations familiales), ont lancé une pétition pour exiger l’encadrement par la loi du marketing alimentaire.

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Pour aller plus loin

 

Voir aussi le Pôle ressources alimentation