Selon une étude publiée par le cabinet d’audit CE Delft en Octobre 2020, la pollution de l’air engendrerait des coûts sociaux avoisinants les 166 milliards d’euros par an à l’échelle des principales villes européennes. Aussi, cette pollution atmosphérique coûterait à chaque européen plus de 1 000 euros par an.

Que sont les coûts sociaux ?

Les coûts sociaux sont des coûts affectant le bien-être des humains et comprennent à la fois les dépenses directes de soins de santé (comme la prise en charge à l’hôpital) ainsi que les impacts indirects sur la santé (comme l’apparition de maladies ou la réduction de l’espérance de vie due à la pollution de l’air).

Comment ont été évalués ces coûts sociaux ?

Cette étude s’est basée sur l’analyse de la qualité de l’air de 432 villes européennes (dont 67 villes françaises) sur l’année 2018 en prenant en compte 3 types de polluants :

  • Particules fines,
  • Ozone,
  • Oxydes d’azote.

Des coûts sociaux ont été attribués à chacun de ces trois types de polluants selon les frais médicaux associés (traitement de l’asthme ou des bronchites, hospitalisations pour des pathologies respiratoires ou cardiaques…). Enfin, pour chaque ville, les coûts sociaux ont été déterminés à partir des niveaux de pollution de l’air qui y sont signalés ainsi que de la taille, de la structure d’âge et du niveau de vie de la population de cette ville.

En Europe, Londres est la ville où les coûts sociaux sont les plus élevés avec plus de 11 milliards d’euros de pertes pour l’année 2018. La taille de la ville joue un rôle clé dans le coût social total : toutes les villes de plus d’un million d’habitants figurent dans le Top 25 des villes ayant les coûts sociaux les plus élevés en raison de la pollution atmosphérique.

En France, Paris occupe la première place de ce classement avec des coûts sociaux estimés à plus de 3,5 milliards d’euros pour l’année 2018 an, suivi par Marseille et Lyon ayant respectivement des coûts sociaux de plus de 774 millions et 585 millions d’euros sur l’année 2018.

Quelle est la situation en Bretagne ?

Estimation des coûts engendrés par la pollution atmosphérique pour quatre villes Bretonnes :

Agglomérations Bretonnes

Coûts sociaux annuels

Coûts sociaux annuels par habitant

Brest

70,1 millions €

501 €

Quimper

47,7 millions €

757 €

Rennes

130 millions €

600 €

Saint-Brieuc

36,9 millions €

832 €


Sans surprise, Rennes est la ville Bretonne
ayant le plus de coûts sociaux avec une perte annuelle sur l’année 2018 de près de 130 millions d’euros, représentant un coût social de 600 euros par habitant. Bien que Saint-Brieuc présente un coût social moins important sur l’année 2018 avec des pertes estimées à 36,9 millions d’euros, c’est la ville ayant les coûts sociaux par habitant les plus élevés, ces derniers étant estimés à 832 euros par habitant.

En 2015, le Sénat évaluait déjà à 11 milliards d’euros par an le bénéfice pouvant être atteint par la mise en place de mesures visant à réduire la pollution atmosphérique. Ces mesures, moins coûteuses que la réparation des dommages causés par la pollution, permettraient une amélioration durable de la qualité de l’air tout en préservant l’environnement.

Pour aller plus loin…

Voir aussi la page Protéger sa santé