Générations Futures, en soutien avec le réseau EEHI (Environmental Exposure and Health Initiative), a publié le 23 février un nouveau rapport, 9ème volet de ces enquêtes EXPPERT, portant sur l’exposition des populations aux substances chimiques suspectées ou avérées perturbatrices du système endocrinien. Et les résultats sont sans appel !

Produits_chimiques

Exposition aux perturbateurs endocriniens…

Dans ce nouveau volet, Générations Futures a proposé à des personnalités du monde de l’écologie de lui confier une mèche de cheveux qu’elle a faite analyser par un laboratoire compétent. Ont répondu présents : Yann Arthus-Bertrand, Isabelle Autissier, Delphine Batho, José Bové, Nicolas Hulot, Yannick Jadot et Marie-Monique Robin.
Le laboratoire a recherché environ 200 perturbateurs endocriniens (PE) à savoir environ 150 pesticides et métabolites de pesticides (produits utilisés en agriculture et dans la maison pour se débarrasser de la faune ou la flore « nuisibles » ou « indésirables »), 3 bisphénols (plastifiant connu pour entrer dans la composition du polycarbonate – plastique dure), 13 phtalates et métabolites de phtalates ( plastifiants des matières plastiques pour les rendre souples) et 32 congénères de PCBs (massivement utilisés dans les transformateurs électriques ou comme fluide caloporteur par exemple. Interdits de fabrication depuis 1987).

Résultats ? 100% des personnalités ont dans le corps chacune des familles de produits analysés !

« Les cheveux des personnalités testées renferment tous un cocktail important de nombreux perturbateurs endocriniens (de 36 à 68 par personne) bien que seulement 4 familles de substances chimiques aient été recherchées. Et ces cocktails posent comme problème la question de l’impact sur la santé de ce mélange » déclare François Veillerette, porte-parole de Générations Futures « Ce rapport pointe plus que jamais la nécessité de retirer de notre environnement les substances perturbateurs endocriniens. Seule une définition réellement protectrice des perturbateurs endocriniens devant être exclus du marché dans le cadre européen sera à même d’assurer la protection des populations des perturbateurs endocriniens dangereux. »

 Téléchargez le rapport complet sur le site de Générations Futures

 

Pour aller plus loin

Les bébés naissent aujourd’hui avec plusieurs dizaines de substances chimiques toxiques dans leur organisme. Un grand nombre d’entre elles sont des perturbateurs endocriniens. La récente étude de l’agence Santé Publique France, menée auprès de plus de 4 000 femmes enceintes, montre une imprégnation généralisée : 70% pour le Bisphénol A, 99,6 % pour les phtalates, 100% pour les pesticides pyréthrinoïdes, 50 % pour les pesticides organophosphorés, 100 % pour les PCB, dioxines et furannes, 100 % pour les retardateurs de flamme bromés, 100 % pour les perfluorés.

Nous savons que ce cocktail augmente le risque d’avoir une maladie chronique pendant l’enfance mais aussi à l’âge adulte. Pour faire face à ce problème majeur de santé publique, le Réseau Environnement Santé demande aux candidats à la présidentielle de s’engager à promulguer une grande Loi de Santé Environnementale et d’organiser un Grenelle de la Santé Environnementale pour débattre avec la société civile de la meilleure façon de mettre fin à cet héritage toxique.

A noter : la Mce est partenaire du projet « Parcours de naissance, environnement et santé » (PNES) porté par le Réseau périnatal Bien Naître en Ille-et-Vilaine. Il vise à aller au-delà de la simple sensibilisation ou information sur les risques en santé environnementale, pour permettre aux femmes de développer leurs capacités d’analyser et agir sur leur environnement et leur santé.