La méthylisothiazolinone (MIT), puissant allergène, est présente dans les peintures à des concentrations non négligeables. Les risques de réactions allergiques sont réels, car ce conservateur est aussi omniprésent dans les produits ménagers et les cosmétiques.

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Peintures : une épidémie d’allergie au bout du rouleau !

60 millions de consommateurs traque la présence de la méthylisothiazolinone (MIT), un conservateur très allergisant, dans les produits de consommation courante. Après les cosmétiques, les produits d’entretien ou encore les lessives, pour la première fois, c’est dans des pots de peinture que “60 millions” a recherché la présence de ce conservateur.

Verdict : la méthylisothiazolinone et la benzisothiazolinone (BIT, une autre substance de la même famille) sont bien présentes dans la quasi-totalité des peintures testées – et à des concentrations non négligeables, même dans des peintures affichant un label écologique !

« Épidémies d’allergies » à la MIT

Partout en Europe, dermatologues et allergologues doivent faire face à une recrudescence d’allergies de contact provoquées par la méthylisothiazolinone. Certains spécialistes n’hésitent plus à parler « d’épidémie d’allergies » à la MIT. En France, la proportion de personnes dites « sensibilisées », c’est-à-dire qui développent une réaction allergique (le plus souvent un eczéma de contact) après avoir été exposées à cette substance, est estimée de 2 à 4 % de la population, voire davantage (les chiffres diffèrent selon les sources).

La MIT dans les cosmétiques

Face à la situation, les autorités de santé européennes ont réagi a minima. Depuis le 12 février 2017, la MIT est interdite dans certains produits cosmétiques, en l’occurrence ceux qui s’utilisent sans rinçage comme les crèmes et les laits pour le visage ou le corps. Mais elle reste autorisée dans tous les cosmétiques qui se rincent (gels douches, shampoings, etc.) ainsi que dans beaucoup d’autres produits de consommation courante.

Or, les personnes déjà sensibilisées à la MIT, via les cosmétiques, risquent de développer des réactions en étant en contact avec d’autres produits. D’où l’intérêt de s’intéresser à la composition des peintures.

Pas toujours annoncée dans la liste des ingrédients

L’étude du magazine montre que la MIT n’est pas systématiquement annoncée dans la liste des ingrédients, même quand elle devrait l’être. La réglementation exige, en effet, de l’indiquer au-delà d’une certaine concentration.

De plus, les doses de thiazolinones mesurées peuvent varier, d’un pot à l’autre, d’un facteur de un à dix… Quand on sait que ces peintures sont destinées à être appliquées du sol au plafond, dans toutes les pièces de la maison, ces résultats posent forcément question sur les risques.

Les résultats complets de l’enquête ainsi que le guide pour identifier les peintures les plus polluantes sont publiés dans le numéro de mars 2018 de 60 millions de consommateurs. Le magazine est consultable au Centre de ressources et de documentation de la Mce pendant les heures d’ouverture.

Pour en savoir plus, consultez l’avis et rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) relatif aux Usages de la méthylisothiazolinone (MIT) dans les produits à usage courant et aux risques associés de sensibilisations cutanée et respiratoire.

Voir aussi la page Se loger

ATTENTION CET ARTICLE A EXPIRE depuis le 24 August 2018 Certaines informations peuvent avoir changé