Les nanoparticules se sont introduites secrètement dans nos assiettes via certains additifs alimentaires. Leur présence nous fait courir des dangers sanitaires et environnementaux graves. Par exemple, le E171 est un additif alimentaire utilisé en tant que colorant et constitué de particules de dioxyde de titane (TiO2), partiellement sous forme nanométrique. Une étude publiée au mois de janvier 2017 montre que l’exposition chronique de rats au E171 est susceptible de favoriser la formation de lésions colorectales précancéreuses.

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Nanoparticules dans l’alimentation

Sur le site du journal de l’environnement, nous pouvons lire :

« Le TiO2, présent dans de nombreux produits alimentaires, est-il si inoffensif pour la santé que le soutient, depuis septembre 2016, l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa)? C’est ce que remet en question à demi-mot l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), dans un avis critique rendu ce 12 avril dernier. A l’origine de cette saisine, une étude publiée en janvier 2017 par l’unité mixte de recherche Toxalim (Inra Institut national de recherche agronomique de Toulouse) qui concluait que «l’additif E171 est une source de nanoparticules de dioxyde de titane pour l’intestin et le reste de l’organisme, avec des effets sur les fonctions immunitaires et sur le développement de lésions prénéoplasiques dans le côlon».

En clair, ce colorant blanc présent, entre autres, dans de nombreux bonbons, produits chocolatés, biscuits et chewing-gums est susceptible de favoriser la formation de lésions colorectales précancéreuses. Les résultats de l’étude ne permettaient toutefois pas de conclure sur les effets du TiO2 sur l’homme. »

 

Nanomatériaux et risques associés : les recommandations de l’ANSES

Concernant les nanomatériaux, de nombreux travaux sont menés par l’Anses depuis 2006, tant sur l’alimentation humaine et animale que sur les produits de consommation ou l’exposition des travailleurs. L’Agence rappelle la nécessité de développer des protocoles d’étude de toxicologie pertinents (bonne caractérisation physico-chimique, protocole détaillé et reproductible…) et des études d’exposition pour évaluer les risques sanitaires des produits contenant des nanomatériaux.

L’Anses recommande également de limiter l’exposition des salariés, des consommateurs et de l’environnement, notamment en favorisant les produits sûrs, dépourvus de nanomatériaux et équivalents en termes de fonction, d’efficacité et de coût. Dès lors que des dangers sont identifiés pour la santé humaine ou pour l’environnement, l’Agence recommande de peser l’utilité, pour le consommateur ou la collectivité, de la mise sur le marché de tels produits contenant des nanomatériaux, pour lesquels les bénéfices devraient être clairement démontrés.

Enfin, l’Agence recommande de renforcer la traçabilité des produits de consommation contenant des nanomatériaux, essentielle aux travaux d’évaluation des risques, notamment par l’amélioration du processus de déclaration mis en œuvre dans le cadre du portail national R-nano, afin d’assurer une meilleure description des nanomatériaux mis sur le marché, de leurs usages précis et des expositions de la population associée.

 

Site InfoNano d’Agir pour l’environnement

Face à l’omerta qui règne sur la question des nanoparticules dans l’alimentation, l’association Agir pour l’environnement a décidé de mener depuis mars 2016 un travail de veille dans les grandes enseignes de supermarchés. L’objectif consiste à tenter d’identifier les produits alimentaires contenant des nanoparticules (ceux qui portent la mention [nano] dans la liste des ingrédients) et ceux qui pourraient en contenir via les additifs alimentaires « suspects ».

L’association a scruté les étiquettes des produits alimentaires à la recherche d’additifs susceptibles d’être présents à l’échelle nanométrique :

  • Le E171 ou dioxyde de titane ou TiO2 (colorant)
  • Le E172 ou oxyde de fer (colorant)
  • Le E551 ou dioxyde de silicium (antiagglomérant)

Les résultats :

Aucun produit étiqueté [nano] n’a été repéré. Mais plus de 200 produits susceptibles de contenir des nanoparticules ont été identifiés. Plus de la moitié sont des produits destinés aux enfants (bonbons, chewing-gums, biscuits, céréales pour petit-déjeuner…).

Afin d’informer au mieux sur la présence de nanoparticules dans les produits alimentaires, l’association a créé un site Internet Infonano. Il a aussi pour vocation d’informer et de mettre en garde les consommateurs quant à la présence insidieuse de ces nouvelles substances dont les effets toxiques sont de plus en plus prouvés. On y retrouve plus de 300 produits alimentaires susceptibles de contenir des nanoparticules via les additifs E171 (dioxyde de titane), E172 (oxyde de fer) et E551 (dioxyde de silicium).

Agir pour l’environnement a également lancé une campagne Stop aux nanos ! afin de faire pression sur les ministres de la Santé, de l’Écologie et la secrétaire d’Etat à la consommation, afin d’obtenir un moratoire sur les nanoparticules dans les biens de consommation courants. Elle devrait se clore le 14 juin 2017.

 

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