A l’occasion de la journée internationale des maladies environnementales (12 mai 2021), une trentaine d’associations demandent une politique de santé publique de prise en charge des hypersensibilités chimique et électromagnétique. Voici des extraits de leur manifeste.

Émergence de maladies environnementales

De plus en plus de personnes témoignent de troubles liés aux produits chimiques et aux champs électromagnétiques (CEM). Le nombre de personnes touchées est mal connu dans les deux cas parce que peu étudié. Mais, à la lumière d’études de prévalence à l’étranger, il est plausible que plusieurs pourcentages de la population soient concernés, à des degrés divers. La perte de tolérance aux produits chimiques et aux CEM, parfois brutale et imprévisible, peut conduire à des situations de handicap important. Les personnes atteintes des formes les plus sévères se trouvent souvent privées de leurs droits fondamentaux : formation, travail, soins, logement, vie sociale, déplacements, loisirs… Un statut de « confiné à vie » en quelque sorte, sans reconnaissance ni aide sociale particulière.

L’urgence d’une politique de santé publique

L’émergence de ces maladies environnementales chroniques pose des défis nouveaux à notre société, dans un contexte de déploiement généralisé de ces technologies et d’omniprésence des composés chimiques. Des défis liés :

  • au respect des droits humains et environnementaux tels que définis par notre Constitution ;
  • au coût humain : les répercussions sur le système de solidarité nationale ne peuvent être négligées (errance médicale, disqualification scolaire et professionnelle, exclusion sociale, voire suicides…) et apparition continue de nouveaux cas, notamment chez une population jeune.

Plus généralement, le développement de ces maladies environnementales met en lumière l’urgence d’une politique de santé publique permettant la protection de toutes et tous contre les toxiques environnementaux. Aujourd’hui, regroupées autour de l’idée qu’on ne devrait plus être malade à cause de l’environnement, les associations demandent :

  • un cadre d’intervention publique pour la prise en charge des hypersensibilités chimique et électromagnétique,
  •  et plus largement leur prévention avec comme fil rouge : « Aucun nouveau cas et une prise en charge digne pour les personnes déjà atteintes ».

Ce que veulent les associations :

  • un cadre loyal et garantissant leur participation aux orientations en matière de recherche, de prise en charge et de prévention
  • Le lancement de vraies recherches
  • un accès réel aux soins afin d’en finir avec les maltraitances médicales et sociales
  • un accès et une participation effective à la vie de la cité
  • une réduction des expositions pour toutes et tous. Une véritable politique de santé publique doit se mettre en place, visant la protection de toutes et tous contre les toxiques environnementaux tout au long de la vie et tout particulièrement pendant les mille premiers jours de l’existence, notamment dans les domaines de :
    • la recherche (toxicologie, physiologie, clinique, caractérisation des expositions…) ;
    • l’information du public, des élus, des professionnels ;
    • la formation des professionnels à l’éco-conception et à l’éco-aménagement ;
    • la réforme du cadre normatif visant les meilleures technologies disponibles et l’innovation pour réduire à la source les expositions polluantes (produits chimiques et champs électromagnétiques) ;
    • la révision des normes d’exposition au regard des connaissances les plus récentes, en tenant compte des cumuls de facteurs d’exposition dits « effets cocktails ».

Télécharger le manifeste des associations

Télécharger le dossier de presse

Site du Collectif Inter-associations pour la santé environnementale

Voir aussi les pages Protéger sa santé

MOTS-CLES : hypersensibilté