Davantage pris en compte dans les débats scientifiques depuis quelques années, le carbone suie représente un danger pour la santé humaine, notamment par la nature des composés chimiques qu’il transporte. Venez découvrir les résultats de la première année de suivi de ce polluant à Rennes !

Qu’est-ce que le carbone suie ?

Le carbone suie, aussi appelé Black Carbon (BC), est un polluant appartenant à la famille des particules. En effet, ce dernier fait partie du groupe des particules fines nommées PM2,5 (particules dont le diamètre est inférieur à 2,5 µm) bien qu’il se retrouve principalement au sein de la partie la plus fine de ces particules fines à savoir les PM1 (particules dont le diamètre est inférieur à 1 µm). La couleur noire du carbone suie contribue notamment au noircissement des façades de bâtiments.

Le carbone suie est issu de la combustion incomplète de combustibles d’origine fossile (hydrocarbures) ou de biomasse (bois, charbon). Sa formation résulte de plusieurs sources :

  • moteurs à combustion (notamment les moteurs diesels),

  • chauffages d’habitations (au bois ou au charbon),

  • combustion de déchets agricoles,

  • ou encore les incendies de forêt ou de végétation.

Moins de carbone suie à Rennes en comparaison des autres villes

Depuis 2018, Rennes est la première ville bretonne à avoir mis en place un système de surveillance du carbone suie. En effet, AirBreizh (l’observatoire de la qualité de l’air en Bretagne) a équipé durant l’année 2018 sa station urbaine de fond « Pays-Bas » d’un analyseur de carbone suie afin de quantifier les deux composantes de ce polluant :

  • BCff (« fuel fossil ») : part du carbone suie issu de la combustion d’hydrocarbures (trafic routier)

  • BCwb (« wood burning ») : part du carbone suie issu de la combustion de biomasse (chauffage résidentiel, brûlage de déchets verts)

Mesures de carbone suie au cours de l’année 2019 à Rennes

Mesures de l’année 2019

BC

BCff

BCwb

Moyenne annuelle (µg/m3)

0,9

0,7

0,2

Maximum horaire (µg/m3)

11,8

9,4

4,2

Maximum journalier (µg/m3)

3,9

(22/10/2019)

2,8

(22/10/2019)

1,5

(17/11/2019)

Les mesures d’AirBreizh révèlent que les moyennes de carbone suie à Rennes durant l’année 2019 (0,9 µg/m3) ont été légèrement inférieures aux moyennes mesurées au sein des autres stations urbaines de fond françaises, qui étaient comprises entre 1,1 et 1,6 μg/m3 en 2018 et entre 1,3 et 1,8 μg/m3 en 2019.

Le carbone suie émis à Rennes en 2019 est principalement issue de la combustion d’hydrocarbures. Le trafic routier a été la principale source d’émission à Rennes, comme dans les autres grandes villes de France. Il a aussi été observé une augmentation de la part du carbone suie issu de la combustion de bois en période hivernale correspondant à l’utilisation du chauffage résidentiel.

Quels sont les impacts du carbone suie sur la santé ?

Le carbone suie peut porter atteinte à la santé humaine par ses propriétés physiques et chimiques. En effet, les faibles dimensions du carbone suie lui permettent de pénétrer profondément dans les voies respiratoires déclenchant ainsi une inflammation de ces dernières, pouvant entraîner des essoufflements. Aussi, la plus petite fraction des carbone suie peut atteindre le système sanguin et alors augmenter les risques cardio-vasculaires.

Mais le carbone suie est aussi le vecteur d’une grande diversité de constituants chimiques issus de la combustion tels que les métaux lourds ou les Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) pouvant s’avérer impactants pour la santé.

Le carbone suie peut constituer un indicateur pertinent afin d’évaluer les mesures locales prises dans le cadre d’une réduction des émissions de particules fines issues de la combustion, notamment en provenance du trafic routier.

Pour aller plus loin…

Voir aussi la page Protéger sa santé