2 Français sur 3 possèdent désormais un smartphone : pour téléphoner, naviguer sur Internet, aller sur les réseaux sociaux, prendre des photos, écouter de la musique… Pourtant, nous connaissons mal les impacts environnementaux de ces appareils qui prennent une place croissante dans nos vies. De quoi sont-ils composés ? Comment sont-ils fabriqués et que deviennent-ils en fin de vie ? Et surtout, que pouvons-nous faire pour limiter leurs impacts sur l’environnement ?

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Impacts environnementaux des smartphones


Une fabrication très polluante

Tout au long de son cycle de vie (de l’extraction des matières premières, en passant par sa fabrication, son transport, son utilisation et sa fin de vie), un smartphone a des impacts sur l’environnement, auxquels s’ajoutent des impacts sociaux et sanitaires.

Les principaux impacts environnementaux des smartphones sont l’épuisement des ressources, les atteintes à la biodiversité dues aux rejets toxiques dans l’environnement et les émissions de gaz à effet de serre. La fabrication d’un smartphone (de l’extraction des minerais à l’assemblage final) est responsable d’environ trois quarts de ces impacts. Et c’est l’extraction des minerais, que l’on retrouve sous la forme de métaux dans les smartphones, qui pose aujourd’hui particulièrement problème. Elle conduit à la destruction d’écosystèmes et à de multiples pollutions, comme sur l’eau, en raison de l’usage intensif de procédés d’extraction chimique.

Dans le guide Les impacts du smartphone réalisé par l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie), on peut lire « Aujourd’hui, on trouve plus de 70 matériaux différents dans un smartphone. Ces matériaux sont présents en petite quantité et leur alliage parfois complexe rend nombre d’entre eux difficiles à recycler. Une cinquantaine de métaux sont nécessaires pour fabriquer un smartphone, soit deux fois plus que pour un téléphone portable ancienne génération. Or, ces métaux deviennent de plus en plus complexes à exploiter dans le monde ».

Un renouvellement trop fréquent

Selon FNE (France Nature Environnement), nous changeons de téléphone portable en moyenne tous les 2 ans alors que dans 88% des cas, ils sont encore en état de fonctionner. Il existe une véritable obsolescence perçue des consommateurs par rapport à leur téléphone, liée à des facteurs psychologiques et sociaux : attrait pour les dernières nouveautés, effet de mode… Les fabricants et les opérateurs de téléphonie mobile entretiennent cette obsolescence ressentie, à coups de publicités et d’offres promotionnelles alléchantes.

Mais la courte durée d’usage des téléphones mobiles, et plus particulièrement des smartphones, est également liée à leur conception même. Batteries collées et soudées, indisponibilité de pièces de rechange, utilisation de connectiques, de chargeurs et de systèmes d’exploitation exclusifs… Dans la plupart des cas, les smartphones ne sont pas conçus pour être robustes et réparables, ni compatibles et évolutifs dans le temps.

Que puis-je faire à mon échelle ?

  • acheter durable

Acheter un modèle reconditionné est un bon moyen pour alléger l’impact de son appareil.

On peut également choisir un modèle conçu pour durer : solide, démontable, évolutif… Il faut s’assurer que la batterie est remplaçable, que le téléphone dispose d’une connectique complète (port audio jack, port USB…) et d’un chargeur universel. Il faut se renseigner auprès des vendeurs sur la durée de disponibilité des pièces détachées et les conditions de garanties.

  • Prendre soin de son smartphone

Prendre soin de son téléphone au quotidien et le réparer en cas de panne ou de casse peuvent permettre d’éviter des renouvellements prématurés.

On peut protéger son téléphone avec une housse ou une coque et un film de protection pour l’écran (Plus de 80% des réparations effectuées par des professionnels sur des smartphones concernent des écrans brisés). Et il ne faut pas attendre que la batterie soit complètement à plat pour recharger son smartphone et éviter de le laisser en charge une nuit entière.

  • Lui donner une seconde vie

Seulement 15% des téléphones sont collectés pour être recyclés. On peut le vendre s’il a encore de la valeur ou le donner à quelqu’un de son entourage ou à une structure de réemploi (ressourceries, recycleries, réseau Emmaüs…). Il est également possible de le rapporter en magasin : les distributeurs ont l’obligation de reprendre les anciens appareils. Les téléphones collectés sont ensuite reconditionnés ou recyclés, selon leur état.


Pour aller plus loin :


Voir aussi notre site  : Carte OuVerte http://www.carte-ouverte.org/

Plus d’infos : Rubrique Déchets