L’exposition prénatale aux métaux et métalloïdes est soupçonnée d’avoir des répercussions sur la grossesse (prématurité, malformations congénitales, diminution du poids du nouveau-né à la naissance) ainsi que sur le développement et la santé ultérieure de l’enfant (atteintes du système reproducteur, du métabolisme, du développement psychomoteur et intellectuel et augmentation du risque de cancers). Bien que ces associations ne soient pas toujours clairement démontrées à ce jour, la connaissance des niveaux d’imprégnation des femmes enceintes par les métaux et métalloïdes présents dans l’environnement est une préoccupation de santé publique.

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Femmes enceintes : exposition aux métaux et métalloïdes


Un programme national de biosurveillance

Santé publique France (anciennement Institut de veille sanitaire) met en œuvre un programme national de biosurveillance qui comporte un volet périnatal. Ce volet doit permettre de décrire les niveaux d’imprégnation des femmes enceintes par les polluants de l’environnement, notamment les métaux et métalloïdes, mesurés à partir de prélèvements recueillis au moment de l’accouchement (sang de cordon, urines, cheveux et sérum).

L’étude a pour objectif de rechercher et de quantifier les déterminants qui ont conduit à certains niveaux d’imprégnation. Les résultats du volet périnatal du programme national de biosurveillance sont publiés en trois tomes :

L’ensemble de ces résultats permet d’obtenir pour la première fois des indicateurs nationaux fiables et pertinents de l’exposition aux substances chimiques sur une population particulièrement vulnérable aux effets potentiels des polluants.


Une contamination liée à l’alimentation et au tabagisme

Treize métaux et métalloïdes ont été dosés dans des prélèvements de sang du cordon, de cheveux et d’urines maternelles recueillis en maternité au moment de l’accouchement : aluminium, antimoine, arsenic total, cadmium, césium, chrome, cobalt, étain, mercure, nickel, plomb, uranium et vanadium. Globalement, toutes les femmes étudiées sont imprégnées d’arsenic, de césium, de chrome, de cobalt, de plomb, de nickel et de vanadium. Les proportions sont plus faibles pour l’antimoine, le cadmium, l’étain, le mercure et l’uranium. La contamination provient essentiellement de l’alimentation et de la consommation de tabac. Les taux sont similaires à ceux observés dans d’autres pays, mis à part l’arsenic et le mercure. Pour ces derniers, les femmes françaises en sont plus imprégnées du fait d’une consommation accrue de produits de la mer.

La contamination aux métaux est stable dans le temps sauf pour le plomb et le mercure pour lesquels les scientifiques observent une tendance à la baisse suite à la mise en place de réglementations plus strictes (limitations des rejets, interdiction de l’essence plombée, etc.).

Des indicateurs indispensables en santé environnement

L’exposition à ces polluants pendant la grossesse pourrait avoir des répercussions sur la santé de l’enfant et de la mère. C’est pourquoi, ces données sont importantes afin d’apporter des indicateurs aidant les pouvoirs publics à limiter l’exposition des femmes à ces substances, à mesurer dans le temps l’efficacité des mesures mises en place et à bien comprendre les modes d’imprégnation.


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