Quelques 14 millions de Français vivent en zone rurale ; nombre d’entre eux à proximité immédiate d’exploitations agricoles. Et la cohabitation est parfois loin d’être sereine. L’ampleur réelle de leur exposition aux pesticides est encore méconnue. Mais l’on sait par ailleurs que ces produits ne sont pas sans effet sur la santé – à commencer par celle des agriculteurs : des maladies professionnelles ont été reliées à la manipulation d’herbicides, d’insecticides ou de fongicides (maladie de Parkinson, lymphome non hodgkinien…). 60 Millions de consommateurs a réalisé un dossier sur ce sujet.

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Epandages de pesticides et santé des riverains


Comment limiter l’exposition aux pesticides ?

Depuis un arrêté de 2006, les agriculteurs doivent mettre en œuvre les « moyens appropriés » pour éviter que les produits phytopharmaceutiques ne soient entraînés en dehors de la parcelle ou de la zone traitée. Le même texte leur interdit de traiter lorsque le vent souffle à plus de 3 sur l’échelle de Beaufort (19 km/h maximum). Un autre arrêté paru en 2011 impose même une limite de 50 m autour des établissements accueillant des personnes vulnérables. Toutefois, il ne s’applique que sur le domaine public et non sur des terrains privés…

Malformations, tumeurs et leucémies

Les riverains n’auraient-ils donc pas de raisons de s’inquiéter ? Une expertise collective de l’Inserm, « Pesticides : effets sur la santé », publiée en 2013, évoque plusieurs études montrant une augmentation du risque de malformations congénitales, de tumeurs cérébrales et de leucémies chez les enfants des femmes vivant au voisinage d’une zone agricole. Des effets, liés à une exposition au long cours, parfois très difficiles à établir.

Ainsi, à Preignac, en Gironde, on ne peut exclure un lien possible entre les épandages de pesticides dans les vignes qui jouxtent l’école et la surreprésentation des cas de cancers chez les écoliers, cinq fois plus nombreux qu’ailleurs. En attendant, bien des riverains témoignent de troubles de santé manifestes : irritations oculaires, problèmes respiratoires, malaises…

Pour en savoir plus, site de 60 millions de consommateurs

 

Nouvel arrêté : suppression des zones de protection pour les riverains

Actu-environnement fait le point sur l’arrêté relatif à la mise sur le marché et à l’utilisation des produits phytopharmaceutiques et de leurs adjuvants qui a été publié au journal officiel du 4 mai 2017.

Initialement, le texte prévoyait la mise en place d’un périmètre de protection (de 5, 10 ou 20 mètres), selon le niveau de risque des produits épandus. Ces zones non traitées (ZNT) étaient prévues à proximité des lieux d’habitation, des espaces publics et des lieux accueillant des groupes de personnes vulnérables. Cette disposition demeure supprimée.

Autre recul : des dérogations et des réductions des délais sont désormais possibles “en cas de besoin motivé, non anticipé et non prévisible ou impérieusement nécessaire”. Dans ce cas, le travailleur devra porter un équipement de protection individuelle adapté ou pénétrer dans la parcelle dans un tracteur équipé d’une cabine (avec filtre à charbon actif, si ce filtre est requis au moment de l’application).

Concernant les dispositions pour les délais d’entrée dans les parcelles traitées en fonction des mentions de danger, le délai de rentrée est porté à 24h ou 48h (pour les produits classés cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques).

 

 

Pour en savoir plus :

 

Pour aller plus loin

Jardineraunaturel.org, site animé par la Mce et ses associations de consommateurs et d’environnement dans le cadre du programme «Eau et Pesticides». Objectifs : informer des dangers des pesticides et présenter les solutions alternatives pour les jardins et les communes.