Des chercheurs de l’Inra, de l’université de Rennes 1 et leurs collègues mettent en évidence que l’agriculture biologique (AB) favorise la régulation naturelle et la maîtrise des bioagresseurs – pathogènes, ravageurs et plantes adventices. Ces résultats, publiés dans la revue Nature Sustainability le 16 juillet 2018, ouvrent des perspectives intéressantes pour réduire l’usage des pesticides de synthèse.

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L’agriculture bio plus efficace pour lutter contre les maladies des cultures !

Voici une synthèse reprenant des extraits des communiqués de presse publiés sur les sites Internet de l’Inra et de l’Université de Rennes 1.

« L’agriculture biologique (AB), sans pesticides de synthèse est considérée comme étant plutôt bénéfique pour la biodiversité. Ceci suggère que les niveaux de processus naturels supportés par la biodiversité, telle la régulation naturelle des bioagresseurs (ravageurs animaux, agents pathogènes et autres adventices) sont plus importants dans ces systèmes qu’en agriculture dite conventionnelle (AC).

Les chercheurs ont ainsi établi que la régulation naturelle des bioagresseurs (qu’il s’agisse de taux de parasitisme, de prédation ou de compétition) est plus importante dans les systèmes de culture AB que dans les systèmes AC et ce pour tous les types de bioagresseurs (pathogènes, ravageurs ou adventices). Un constat qui suggère que les pratiques de l’AB stimulent les processus naturels responsables de la régulation des bioagresseurs ».

Communiqué de presse de l’Inra


Au cœur de l’étude

« Dans le cadre d’un consortium international, les chercheurs ont exploré cette question à la faveur d’une analyse de grande envergure de la littérature scientifique, démontrant l’impact des pratiques de l’agriculture biologique (AB) sur la stimulation de la régulation naturelle et le contrôle des bioagresseurs : pathogènes (champignons ou bactéries), ravageurs animaux et adventices (“mauvaises herbes”).

Les scientifiques ont conduit deux méta-analyses :

  • la première porte sur le potentiel de contrôle biologique, elle concerne 43 études, soit 194 comparaisons entre les systèmes agricoles conventionnels et biologiques. Ces données comprennent des mesures du taux de prédation, des mesures du taux de parasitisme et des mesures de la suppression du sol, c’est-à-dire de la capacité du sol à réprimer les pathogènes après leur inoculation ;
  • la seconde concerne les niveaux d’infestations pour les grands types de bioagresseurs. Elle inclut 134 études soit 594 comparaisons. Les données collectées intègrent l’incidence ou la sévérité des attaques liées à des maladies, l’abondance ou la densité des ravageurs, ou encore la couverture, la biomasse ou la densité des adventices, plus communément appelées mauvaises herbes ».

Conclusion

« Ces résultats démontrent l’intérêt des pratiques culturales de l’AB en matière de régulation des bioagresseurs et de maîtrise des pathogènes et des animaux nuisibles. Ils ouvrent des perspectives d’intérêt pour réduire l’utilisation de fongicides ou d’insecticides de synthèse, sans pour autant augmenter les niveaux d’infestation des pathogènes ou des ravageurs ».

Actualité publiée sur le site de l’université de Rennes 1

En France, sont impliqués dans la publication de cette étude : l’unité Santé et Agroécologie du Vignoble (Inra, Bordeaux Sciences Agro, ISVV) ; l’unité Biodiversité agroécologie et aménagement du paysage (Inra, ESA, Agrocampus Ouest) ; l’unité Ecosystèmes, Biodiversité, Evolution (Université de Rennes 1/OSUR, CNRS) ; l’Institut de Génétique Environnement et Protection des Plantes (InraAgrocampus Ouest, Université de Rennes 1).

Voir aussi notre site dédié au jardinage au naturel

 

ATTENTION CET ARTICLE A EXPIRE depuis le 12 February 2019 Certaines informations peuvent avoir changé