La Mce fait un retour sur une année de mesures de la qualité de l’air à Rennes, réalisée par Air Breizh ! Si le sujet de la qualité de l’air n’a jamais été aussi présent dans les médias, il nécessite encore de la pédagogie pour être partagé par le plus grand nombre. Car le sujet est complexe.

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La qualité de l’air est contrastée à Rennes

On peut retenir que la qualité de l’air est bonne sur l’agglomération rennaise les ¾ de l’année. Si c’est l’agglomération la plus touchée de Bretagne, la situation est correcte comparée à d’autres territoires (Grenoble, Avignon, Nice, Paris, etc.).

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L’un des polluants problématique à Rennes est le dioxyde d’azote (NO2), qui est le principal marqueur de la pollution automobile. D’un côté, la situation semble s’améliorer : la station boulevard de la Liberté montre une tendance à la baisse, la plaçant en conformité avec les seuils réglementaires européens. A l’inverse, la station de la mesure de la pollution de fond (Rue St Yves) montre une tendance à la hausse. Pour préserver la santé des Rennais nous devons maintenir et poursuivre  les efforts déjà engagés.

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Nous sommes différemment exposés à la pollution de l’air. Les particules fines (PM10 ou PM2.5) vont toucher les habitants à l’échelle de la Métropole (plutôt en hiver), alors que les riverains de la rocade ou des grands boulevards seront plus exposés aux émissions de dioxyde d’azote.

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Qualité de l’air : qui fait quoi ?

Dans chaque région de France, une structure agréée par l’Etat est en charge de la surveillance de la qualité de l’air. En Bretagne, c’est l’association Air Breizh qui mesure les polluants atmosphériques, avec 17 stations de mesure, dont 4 à Rennes. En plus des mesures, Air Breizh utilise des outils de modélisation pour produire chaque jour un indice de la qualité de l’air. Si un pic est prévu, Air Breizh en informe le Préfet, qui lancera l’information aux habitants avec des recommandations.

Si la pollution est plus forte ou dure plusieurs jours, le niveau d’alerte est lancé, et peut donner lieu à des restrictions.

 

Une réglementation qui tend à se durcir

C’est la réglementation européenne qui définit les paramètres suivis, les seuils à ne pas dépasser (selon les recommandations sanitaires de l’Organisation Mondiale de la Santé). Il s’avère que cette réglementation tend à se durcir, afin de mieux protéger la santé des habitants. Une récente décision du Conseil d’Etat pourrait ainsi conduire à revoir les politiques publiques, tant au niveau national que local.

 

Les questions qui reviennent souvent

La mesure de la qualité de l’air à Rennes amène souvent les questions suivantes :

  • Pourquoi n’y a-t-il pas plus de stations de mesure sur Rennes Métropole ?

C’est d’abord une question de moyens ! Il n’y a tout simplement pas assez de financement pour se doter d’autant de stations de mesure que ce que nous souhaiterions. Les outils de modélisation tendent à se développer pour répondre aux interrogations des habitants.

  • Ne faudrait-il pas s’intéresser à d’autres paramètres comme les pesticides ou l’ammoniac ?

Là encore, les moyens manquent pour s’intéresser à ces paramètres. Il existe un suivi des pesticides sur Mordelles et une expérimentation nationale sur l’ammoniac se met en place.

  • Comment se fait-il que les capteurs n’aient pas marché sur la rocade ?

Ils marchaient ! Cette fausse information, démentie par le Préfet, a malheureusement fait beaucoup de tort. Il est regrettable de constater que beaucoup de Rennais soient restés sur cette fausse information.

  • Quels sont les résultats de l’opération Ambassad’Air ?

Ambassad’Air est avant tout une opération de mobilisation des habitants. Les mini-capteurs utilisés n’ont pas vocation à se substituer à la mesure officielle effectuée par Air Breizh. La mesure des particules fines PM 2.5 a permis de montrer que les niveaux moyens de pollution étaient assez proches entre le quartier de Villejean et du Blosne.

  • Et moi, que puis-je faire à mon échelle ?

La préservation de la qualité de l’air est un défi collectif, qui doit nous mobiliser toute l’année, pas seulement lors des pics. Les industriels doivent poursuivre les efforts engagés pour des modes de chauffage ou des motorisations moins impactants. Chaque citoyen, par son comportement, peut privilégier le covoiturage, les transports en commun ou les modes actifs (piéton, vélo), surtout en cas de pollution. Et surtout ne jamais faire de brûlage de déchets verts, qui sont interdits.

Article réalisé avec l’appui d’Air Breizh.

Pour aller plus loin :