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La situation de surendettement : être surendetté c'est être
dans l'impossibilité manifeste de faire face à ses dettes non professionnelles
exigibles ou à venir. C'est aussi être dans l'impossibilité
manifeste de faire face à un engagement de caution.
Est concernée par la procédure de surendettement toute personne
qui se trouve dans l'impossibilité de rembourser ses dettes et qui
est dans une situation financière grave. Des difficultés passagères
de remboursement sont insuffisantes pour prétendre à la procédure.
La commission de surendettement prend aussi en compte les difficultés prévisibles auxquelles le consommateur peut être confronté plus tard. Ainsi, certains dossiers peuvent être retenus bien que la situation n'apparaissent pas dans l'immédiat gravement compromise. Cette situation pouvant évoluer dans un avenir proche.
Dans la procédure de surendettement, le consommateur doit faire preuve de loyauté. Il ne doit pas aggravé son endettement après le dépôt de dossier par exemple. Ou encore détourné ou dissimulé tout ou partie de ses biens.
La personne endettée est la seule à pouvoir saisir la commission. La procédure ne peut pas bénéficier aux personnes morales (entreprises). Il faut être de nationalité française et résider en France. Les dettes doivent être non professionnelles et contractées auprès de créanciers installés en France.
La procédure est gratuite. Il faut s'adresser à la succursale de la Banque de France du département de résidence. Le secrétariat de la commission fournira un dossier de "déclaration de surendettement" que le consommateur devra remplir et retourner, au même secrétariat, accompagné d'une lettre de saisine expliquant les causes du surendettement (le dossier peut être déposé mais par le demandeur uniquement).
Il faut accompagner le dossier des photocopies de tous les justificatifs.
Attention ! Toute fausse déclaration fera perdre le bénéfice des procédures existantes proposées par la commission.
Attention ! déposer un dossier devant la commission ne dispense pas de payer ses créanciers.
Pour remplir le dossier mieux vaut se faire aider. S'adresser aux services sociaux de la commune ou à une association de consommateurs.
Au regard du dossier, la commission va déterminer la recevabilité (ou non) de la demande en examinant la situation familiale, la nature de l'endettement, l'état du surendettement. Elle peut demander des justificatifs supplémentaires. La commission a 6 mois à partir du dépôt du dossier pour procéder à son instruction.
Le dossier est recevable : la commission informe le consommateur ainsi que les créanciers par lettre recommandée avec AR. Le consommateur est inscrit au fichier des incidents de paiement (FICP), il peut demander au juge de l'exécution (tribunal de grande instance) la suspension des poursuites dont il fait l'objet le cas échéant (saisie...).
Le dossier est recevable et la commission proposera un plan de redressement.
Il peut comporter
Le plan doit prévoir les modalités d'exécution. La
durée du plan ne peut excéder 10 ans, sauf si il prévoit
le remboursement de prêt immobilier de la résidence principale
afin d'éviter sa vente.
Le plan doit être réaliste. Si il apparaît qu'il ne pourra être respecté, le consommateur est en droit de ne pas le signer. Si il est signé et qu'en cours d'exécution il est impossible de le respecter, le consommateur peut saisir de nouveau la commission et demander un autre plan à la condition que des changements dans sa situation soient intervenus et avérés.
En cas d'échec de la phase amiable (refus des créanciers par
exemple) ou de refus du plan établi par le consommateur, la commission,
peut à la demande du consommateur, formuler des recommandations.
La demande doit être faite dans les 15 jours suivants la notification
de l'échec de la phase amiable par lettre recommandée avec
AR.
Les mesures suivantes peuvent être recommandées :
La durée des recommandations ne peut excéder 10 ans. Les dettes fiscales sont soumises aux mêmes recommandations que les autres dettes. Ces mesures sont homologuées par le juge de l'exécution et ainsi rendues obligatoires.
Un courrier indique les motifs de la décision. Il est possible de contester en adressant un courrier en recommandé avec AR au secrétariat de la Commission. Il sera transmis avec le dossier au juge de l'exécution.
Le Juge de l'exécution: il statue sur la recevabilité de la demande en ayant recueilli les observations du consommateur et de ses créanciers. Il notifie sa décision aux parties par lettre recommandée avec AR et par simple courrier à la commission de surendettement. Il ne peut pas y avoir appel sur la décision du juge. Mais elle peut faire l'objet d'un pourvoi en cassation.
Saisine :
La situation du consommateur est "irrémédiablement compromise".
Aucune mesure de traitement du surendettement classique prescrite par la
commission ne peut être envisagée. Dans ce cas, la procédure
de rétablissement personnel peut être demandée. Le consommateur
peut lui même, au moment de l'instruction de son dossier par la commission,
demander l'ouverture de la procédure de rétablissement personnel.
Le juge de l'exécution peut être saisi. A l'occasion des recours
exercés devant lui pour contester les décisions de la commission,
le juge de l'exécution peut solliciter l'ouverture de la procédure,
après avoir obtenu l'accord du consommateur et si sa situation le
justifie. Le consommateur peut également saisir le juge de l'exécution
si, au terme d'un délai de neuf mois à compter du dépôt
du dossier, la commission n'a toujours pas décidé de son orientation.
Dans quelles conditions ?
Le consommateur doit être de bonne foi et dans une situation qui le
justifie. La commission saisit alors le juge de l'exécution compétent
en la matière. L'exécution du plan de redressement ou des
recommandations est stoppée et leurs mesures sont caduques.
Ouverture de la procédure :
Le juge, une fois saisi, doit convoquer le consommateur dans un délai
d'un mois, ainsi que ses créanciers, à une audience d'ouverture
de la procédure de rétablissement personnel. Un travailleur
social peut être invité à assister à cette audience.
Le juge, après avoir entendu le consommateur et vérifié
sa bonne foi et le caractère irrémédiablement compromis
de sa situation, rend un jugement prononçant l'ouverture de la procédure.
Conséquences de la procédure :
Le jugement entraîne la suspension des procédures d'exécution
(commandement de payer, par exemple) à l'encontre du consommateur
portant sur des dettes autres qu'alimentaires. Cette suspension est acquise
jusqu'à la fin de la procédure (clôture du jugement).
En cas de demande de saisie immobilière préalable au jugement d'ouverture
de la procédure, seul le juge de la saisie immobilière est
compétent pour prononcer la suspension de la saisie. Le juge peut,
suivant la situation du consommateur, faire procéder à une
enquête sociale ou ordonner un suivi social. Il peut également
nommer un mandataire qui procédera aux mesures de publicité
destinées à recenser les créanciers. Il dressera un
bilan de la situation économique et sociale du consommateur, vérifiera
les créances et évaluera les éléments d'actif
et de passif. Si le mandataire n'est pas désigné, le juge
peut procéder lui-même aux mesures de publicité.
Après avoir statué sur les éventuelles contestations de créances, le juge est amené à prononcer la liquidation judiciaire du patrimoine personnel du consommateur. Une fois la liquidation prononcée, il ne peut plus disposer de ses biens. Sont exclus de la liquidation, les biens meublants nécessaires à la vie courante (tables, cuisinière, lits...) et les biens indispensables à l'exercice de l'activité professionnelle (voiture...). Le juge désigne un liquidateur qui a douze mois pour vendre les biens à l'amiable ou par vente forcée. Lorsque le consommateur est propriétaire, le logement peut être également vendu. Le juge répartit le produit des ventes entre les créanciers pour rembourser les créances. A tout moment, le liquidateur peut, s'il estime que la situation du consommateur n'est pas gravement compromise, renvoyer le dossier devant la commission de surendettement.
Fin de la procédure :
Si le produit de la vente est suffisant pour payer tous les créanciers,
le juge prononce la clôture de la procédure. Si le produit
de la vente est insuffisant ou si le consommateur ne possède que
des biens exclus du patrimoine pouvant faire l'objet d'une liquidation,
le juge prononce la clôture de la procédure pour insuffisance
d'actif. La clôture de la procédure entraîne l'effacement
de toutes les dettes non professionnelles à l'exception de celles
dont le prix a été payé par une caution. Les créanciers
ne pourront plus entreprendre d'action en recouvrement complémentaire.
Le juge peut ordonner également des mesures de suivi social à
votre égard.
NB : textes sur le surendettement réalisés à l'aide de la plaquette "Le surendettement" par la Clcv et www.service-public.fr