57 communes sans OGM en Ille-et-Vilaine, bientôt plus…
Au printemps 2008, le Collectif OGM 35 s’était mobilisé pour défendre « le droit de produire et de consommer sans OGM », acté lors du Grenelle de l’environnement. Plus de 10 000 personnes avaient manifesté à Rennes. Au final, la Loi adoptée en juin 2008 prétend organiser une « coexistence » entre filières OGM et non OGM. Coexistence impossible, répond le collectif, si l’on veut préserver des filières « sans OGM », c’est à dire réellement exemptes d’OGM. Sans attendre les décrets ou arrêtés d’application, le collectif a décidé d’interpeller les 353 mairies d’Ille-et-Vilaine pour les inciter à agir.
Le courrier envoyé début décembre 2008 chaque conseil municipal à prendre :
1/ une délibération-vœu sur le « sans OGM » : l’objectif est de peser sur le débat actuel afin d’inciter l’autorité publique à définir comme produit « sans OGM » un produit ne dépassant pas le seuil de détection (0,01%)
2/ une délibération interdisant les produits étiquetés OGM dans les cantines municipales : cela oblige les fournisseurs qui répondent aux appels d’offre d’approvisionnement ou aux gestionnaires des cantines à fournir des garanties sur la provenance des aliments proposés, à condition d’inscrire cette exigence dans le cahier des charges ;
3/ une délibération-vœu contre les cultures OGM en plein champ sur le territoire communal : une décision symbolique qui n’est pas attaquable en Tribuinal administratif
En Ille-et-Vilaine, 57 communes ont déjà pris position dans ce sens, rejoignant ainsi la position du Département ainsi que celle de la Région qui s’est prononcée « Pour une Bretagne sans OGM, du champ à l’assiette ». Un poids de plus dans la balance de la défense de l’intérêt des agriculteurs, des consommateurs et de l’environnement.
Pour en savoir plus :
Les élus peuvent télécharger le courrier, la liste des communes déjà engagées, les délibérations-types…
OGM : le droit des consommateurs spolié
Avec 5 ans de retard, l'Assemblée nationale s'est prononcée en juin 2008 sur les conditions des cultures commerciales d'OGM en plein champ en France, malgré la forte opposition de droite comme de gauche sur le texte1. La loi, soumis par le gouvernement et adoptée par les députés, devrait satisfaire les lobbies. Elle met par contre en péril le droit des consommateurs de consommer sans OGM. Explications.
Toujours aucune utilité pour les consommateurs
En 2008, 99% des plantes transgéniques cultivées dans le monde sont des OGM pesticides. Ils tolèrent du désherbant total dans leurs tissus ou secrètent un insecticide. C'est une des raisons de l'inquiétude des associations de consommateurs et d'environnement. D'autant que les OGM augmenteraient l'utilisation des désherbants totaux.
Des contaminations mal maîtrisées
La seule mesure présente dans le texte "pour éviter la présence accidentelle d'OGM dans d'autres productions" consiste à mettre en place des "distances - de sécurité - entre cultures". C'est oublier que l'essentiel des contaminations a lieu lors des récoltes, du transport, du stockage et de la transformation des aliments.
Le Bio en danger
La loi ne reconnaît d'indemnisation qu'en cas de contamination supérieure à 0,9% et générant un préjudice économique. Une mesure qui tend à généraliser une contamination à 0,9% et à anéantir la possibilité de consommer des aliments sans traces d'OGM détectables.
Le "sans OGM" plus cher
C'est aux producteurs refusant les OGM de devoir prouver que leurs produits en sont exempts. Des analyses coûteuses qui seront inévitablement répercutées dans le prix final payé par les consommateurs
Une information insuffisante
Le consommateur n'a toujours aucun moyen, via l'étiquette, de savoir si le lait, la viande, le lait, les fromages... qu'il consomme proviennent d'animaux nourris ou non aux OGM. C'est pourtant là le principal débouché des OGM.
Bien que refusant à près de 70% les OGM dans leurs assiettes, les consommateurs sont les grands perdants de la loi. Ils devraient voir leur pouvoir d'achat à nouveau grevé, du fait de la hausse des prix des produits sans OGM. Et du fait des moyens de contrôle, payés par leurs impôts, dont devront se doter les services de l'État pour tenter de limiter les contaminations.
Pour en savoir plus
En Ille et Vilaine, au 1er passage à l'Assemblée, 5 des 7 députés d'Ille et Vilaine ont voté contre. Au 2ème passage, 6 des 7 députés ont voté contre : Pierre Méghaignerie était le seul député à ne pas s'être opposé au texte.