La Mce relaie ce communiqué de presse

L’association Indecosa-Cgt a engagé une démarche auprès du Ministre de l’économie et des finances, afin de l’alerter sur les difficultés rencontrées au niveau de la représentation des consommateurs. L’association y évoque également la question du financement des CTRC Centres techniques régionaux de la consommation.

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L’INDECOSA-CGT souhaite rencontrer le Ministre de l’économie

Voici le courrier adressé à Monsieur le Ministre de l’économie et des finances

« Monsieur le Ministre,

Nous prenons acte de la désignation de Madame Marie MAGNIEN à la fonction de conseillère fiscalité, consommation et concurrence dans votre cabinet.

Cependant, nous déplorons que pour la première fois depuis une trentaine d’années, nous n’ayons pas de Secrétaire ou de Ministre dédié à la consommation, cela dans un domaine essentiel de la vie quotidienne des citoyens salariés consommateurs. Cependant, nous espérons pouvoir continuer à travailler ces sujets de consommation, de concurrence et des conditions sociales et environnementales des produits et services que nous consommons au service de l’intérêt général.

INDECOSA-CGT est une association régie sous la loi 1901, elle a été créée en 1979 et a été agréée en 1981. L’information et la défense de consommateurs salariés sont notre préoccupation première. Notre réseau associatif s’étend quasiment sur tout le territoire national. Il est composé de 85 associations départementales avec 285 points d’accueil des consommateurs. La formation de nos militants et adhérents est assurée par nos soins et également localement par les Centres Techniques Régionaux de la Consommation (CTRC) qui ont été conçus par les pouvoirs publics en 1967 en ayant pour mission le soutien technique, juridique, la formation ainsi que la réalisation d’émissions télévisées « Flash Conso » diffusées par France 3, au bénéfice des associations de consommateurs. L’arrêté du 12 novembre 2010 a conforté les CTRC dans leurs missions.

L’objet de notre présent courrier est une demande d’entrevue avec vous, Monsieur le Ministre de l’Économie, afin d’échanger ensemble sur la question du consumérisme et de ces enjeux pour demain. L’avènement du e-commerce, l’économie collaborative, l’uberisation, entraînent des mutations profondes dans nos habitudes de consommer. Ces changements génèrent de nouveaux risques pour le consommateur. Le monde vient d’essuyer deux cyberattaques qui préfigurent un changement radical dans les menaces qui pèsent sur le citoyen, en particulier sur les données personnelles. A ce sujet, INDECOSA-CGT vient d’organiser une journée d’étude sur la question et force est de constater que la plupart des entreprises n’ont pas anticipé la nouvelle règlementation européenne qui va entrer en vigueur le 25 mai 2018. Face à ces nouvelles menaces, le mouvement consumériste doit être suffisamment armé pour informer et défendre les consommateurs. Pour se faire, l’Etat ne peut ignorer plus longtemps les difficultés financières que rencontrent les associations.

Depuis une dizaine d’années, nous subissons de fortes baisses de subventions qui finissent par nous empêcher d’exercer pleinement notre rôle de « régulateur ».

Nous subissons également un désengagement des services de l’état qui se traduit par un surcroît d’activité. La création d’un groupe permanent « produits non alimentaires » au sein du CNC en lieu et place de la commission de sécurité des consommateurs en est la parfaite illustration.

La baisse des effectifs de la DGCCRF couplée à un affaiblissement du mouvement consommateur pourrait engendrer en cas de crise grave, des conséquences « néfastes » pour le pays et son économie.

Sur le territoire, les conséquences de ces coupes budgétaires sont les mêmes. Elles se font ressentir dans les CTRC qui ont dû réduire leurs activités voire licencier du personnel. Si cette situation persiste de baisse de subventions pour les associations, pour les CTRC, ainsi que les orientations des institutions de la consommation, c’est l’ensemble du mouvement consumériste de notre pays qui ne pourra plus apporter son concours dans la régulation et la police économique.

Alors que le Premier Ministre vient d’annoncer un nouveau budget de « rigueur », vous comprendrez bien, Monsieur le Ministre, l’urgence de notre demande de rencontre. Notre inquiétude est d’autant plus légitime puisqu’à ce jour aucune association n’a reçu sa convention d’objectif 2017.

Dans l’attente de cette rencontre,

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.

Martine SELLIER
Présidente INDECOSA-CGT »

 

► Télécharger le courrier de l’Indecosa CGT

 

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