Santé / Environnement

Cosmétiques, produits d'entretien, de bricolage, de jardinage, pesticides, matériaux de décoration, de construction, etc. tous ces produits de consommation comportent des substances chimiques qui se diffusent entre autres dans l'air intérieur de nos logements, lieux de travail, lieux de vie de nos enfants...

A ses substances viennent s'ajouter depuis une dizaine d'années dans nos produits quotidiens des nanomatériaux créés à partir des nanotechnologies.
Ces sources chimiques et ses nanomatériaux sont des sources de dégradation de l'environnement et par extension de notre santé.

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Erik Zilliox
Santé Environnement

  • La pollution de l'air intérieur, c'est quoi ?
    Les effets sur notre santé
    Les effets sur l’environnement
     



    1 - La pollution de l'air intérieur, c'est quoi ?


    A - Ça gratte, ça irrite, on éternue... (effets immédiats)

    Sensations de picotements, raclements de gorge après la diffusion d’un parfum d’ambiance, plaques rouges après avoir nettoyé les sols… ne sont pas le fruit de l’imagination de consommateurs hypocondriaques, mais bien une réalité.
    Des substances reconnues comme allergisantes ou dangereuses pour la santé ou l'environnement sont présentes dans de nombreux produits de notre vie quotidienne.

    … et l’asthme, les cancers, les troubles de la reproduction progressent (à long terme)


    En Europe, en vingt ans, les cancers ont augmenté de 30 %.
    1 homme sur 3 et 1 femme sur 4  développent un cancer avant leur 75 ans. 
    1 enfant sur 3 souffre d'asthme, et 10 %  présentent des allergies.
    1 couple sur 7 rencontre des problèmes de stérilité.

    Si le lien direct entre maladies graves et expositions multiples aux produits chimiques reste difficile à établir, il apparaît de plus en plus clairement que les humains et plus particulièrement les enfants, sont menacés par les produits chimiques. Pour preuve, la contamination de notre sang :


    Trop de toxiques dans notre sang !

    En 2005, le WWF décidait d’analyser le sang de 13 familles européennes.
    En France, c’est la famille Mermet-Courouge, demeurant en Bretagne, qui a été choisie. Les résultats sont éloquents !  Sur les 107 molécules de produits chimiques recherchées, on en a trouvé :
    34 dans le sang de la grand-mère
    26 dans le sang de la mère
    31 dans le sang du fils


    La composition du  lait maternel des femmes suédoises varie au gré des interdictions des produits chimiques. Son taux en Pcb a chuté quant celui-ci a été interdit dans certaines applications, et à contrario, le taux de retardateur de flamme est monté dans le lait maternel à partir des années 1990 au moment où son utilisation est devenue massive.

    Des prélèvements réalisés dans le cordon ombilical révèlent également que le fœtus est contaminé par des substances chimiques de synthèse.




    A l'ère de tout chimique, une évaluation insuffisante

    Entre 1930 et 2000, la production mondiale annuelle de produits chimiques est passée de 1 million de tonnes à 400 millions de tonnes. Or, seulement 14 % des substances chimiques les plus couramment utilisées ont fait l’objet d’une évaluation minimale permettant d’appréhender les risques pour la santé et l’environnement.

    Faut-il attendre d'avoir la certitude que certains produits soient reconnus "officiellement" comme ayant des impacts sur la santé et/ou l'environnement pour les interdire ? Ne devrait-on pas appliquer le principe de précaution qui veut que, lorsque l'on a un doute, on s'abstient ou l'on substitue  ? 






    B - Provenance de la pollution de l'air intérieur :

    1 - de l’extérieur vers l’intérieur : monoxyde de carbone, oxyde d’azote…
    2 - les animaux, les plantes : allergènes de chien, de chat, pollens…
    3 - le bâti : isolants, bétons, matériaux divers…
    4 - l’équipement de la maison et décoration : sols, peintures, papiers peints, colles, joints de carrelage, moquette, tapis, meubles en aggloméré….
    5 - les produits ménagers : javel, dissolvant, ammoniaque, parfum d’ambiance, les biocides, les produits de bricolage, les pesticides, et même les cosmétiques


    les différents types de polluants :

    les polluants biologiques
    allergènes de chien, chat, virus, bactéries, moisissures, pollens

    les polluants physiques
    fibres, particules fines

    Les polluants chimiques
    le monoxyde de carbone, les Cov...


    C - Zoom sur les COV

    Les Cov (composés organiques volatils) sont des substances chimiques  mal connues. D’origine naturelle ou non, ils s’évaporent plus ou moins rapidement à température ambiante pour se retrouver dans l’air.  Les produits qui dégagent une odeur émettent généralement des Cov. A l’inverse de très nombreux Cov sont inodores.

    Leur impact dépend de nombreux facteurs : concentration et nature des composés, temps d’exposition, combinaison de différents Cov, etc.
    De plus, et c'est un élément particulièrement inquiétant, ils se combinent. En effet, nous ne sommes pas exposés à un Cov en particulier, mais à plusieurs  Cov en même temps. Il se produit des interactions entre composés dont on ignore très souvent les effets.

    - Les sources ponctuelles de COV sont  liées à une activité particulière et transitoire comme le nettoyage, le bricolage.

    - les sources permanentes de COV  à l’intérieur des bâtiments sont davantage  liées aux matériaux de construction et d’ameublement. L’observatoire de la qualité de l’air intérieur a mesuré lors de sa campagne pilote dans 90 logements 23 COV différents.
     
     

    2 - Les effets sur notre santé

    Les conséquences sur la santé des expositions chroniques à des doses modérées sont mal connues et mal évaluées. Mais on leur attribue, selon les composés, des irritations de la peau (eczéma), des muqueuses et du système pulmonaire, des nausées, maux de tête et vomissements, des irritations des yeux, des sensation d’inconfort, de fatigue, etc.
    Certains COV comme le benzène et le formaldéhyde sont classés cancérogènes pour l’homme.


    Le benzène : solvant inflammable et toxique
    Il est classé « cancérogène certain pour l’homme » par le CIRC (Cat. 1)
    Il est mis en cause dans l’apparition et le développement de leucémies.

    Le formaldéhyde : incolore, à l'odeur âcre et suffocante, très inflammable.
    Classé « probablement cancérogène pour l’homme » (Cat 2.A)  avant qu'il ne passe en 2004 dans la cat. 1 « cancerogène certain pour l'homme »
    iI est irritant et allergène et mis en cause dans l'apparition de cancer naso-pharyngé.





    où les trouve-t-on ?
    Partout ou presque ! produits ménagers, anti-mite, pesticides, désodorisants, shampoings, peintures, laques, colles, bois agglomérés, fumée de cigarette, mousses isolantes, moquettes …








    Les produits chimiques les plus toxiques

    Greenpeace, lors de sa campagne Détox a établi une liste « noire » des produits chimiques les plus toxiques.
    Qui sont-ils ? où les trouve-t-on ? quels sont leurs effets ?
    • Les composés retardateurs de flamme bromés

    Ils ont pour fonction de diminuer les risques de propagation de flammes dans les matériaux synthétiques (plastiques, mousses, résines). Ces composés sont utilisés pour diminuer les risques d’incendie.
    On les trouve dans de nombreux appareils et revêtements. Par exemple :  télévisions, boîtiers d’ordinateurs, tissus, matelas, meubles, teintures pour vêtements, mousses d’isolation, appareils électroménagers.
    Quels effets avérés ou soupçonnés sur la santé humaine ?
    Perturbation du système hormonal et du développement cérébral, altérations reproductives, cancers.
    • Les phtalates

    Ils sont utilisés comme additifs dans l’industrie cosmétique, pharmaceutique et aussi comme « plastifiants », ils rendent les plastiques plus souples.
    On les trouve dans les PVC souple  (jouets, sols, emballages alimentaires),  les vernis à ongle, parfum, shampooing, après-shampooing, laques…, les produits pharmaceutiques, encres d’impression, adhésifs, enduits d’étanchéité.
    Quels effets avérés ou soupçonnés sur la santé humaine ?
    Perturbation du système hormonal et du développement cérébral, altérations reproductives, cancers.       
    • Les Composés perfluorés (PFC)

    Ils ont pour propriétés physiques d’être imperméabilisants et « anti-tâches », ils sont hydrofuges et oléofuges.
    On les trouve dans les poêles anti-adhésives, dans les  traitements anti-tâche et imperméabilisants pour parquets, meubles et vêtements, dans les cires à revêtements de vestes, type Téflon ou Goretex, etc.
    Quels effets avérés ou soupçonnés sur la santé humaine ?
    Déclin de la mémoire, difficultés d’apprentissage, temps de réflexe augmenté, perturbations du systèmes hormonal, dommages sur le foie, cancers.
    • Les Muscs synthétiques

    Ce sont des composés chimiques plus faciles à obtenir que leurs équivalents naturels et donc moins onéreux.
    On les trouve dans les parfums, parfumeurs d’ambiance, produits de soin.
    Quels effets avérés ou soupçonnés sur la santé humaine ?
    Allergies, asthme.
    • Le Bisphénol A

    Il est utilisé dans l’industrie plastique pour la réalisation de plastiques de types polycarbonate et comme antioxydant dans les plastifiants et le PVC.
    On les trouve dans des revêtement des boites de conserve et couvercles alimentaires, bouteilles et bacs de stockage plastique en polycarbonate et dans les biberons.
    Quels effets avérés ou soupçonnés sur la santé humaine ?
    Perturbateur du système hormonal.
    • Les Paraffines chlorées à chaîne courte

    Encore incorporés dans certains plastiques, caoutchoucs, peintures et mastiques, ce sont des contaminants importants du fait de leur utilisation passée.
    On les trouve dans des mastics d’étanchéité de salle de bain et certains plastiques.
    Quels effets avérés ou soupçonnés sur la santé humaine ?
    Perturbateur de l’hormone thyroïdienne.



    3 -  les effets sur l'environnement

     

    Plus on en produit

    La production industrielle expose les salariés et provoque des rejets dans l’environnement. Lorsqu’un accident se produit, les conséquences peuvent être dramatiques tant pour les hommes que pour l'environnement.

    « Dans la nuit du 2 décembre 1984, une fuite de plus de 35 tonnes de gaz toxiques s’est produite dans une usine de pesticides à Bhopal. Cette installation appartenait à Union Carbide India Limited (UCIL), une filiale de la multinationale américaine Union Carbide Corporation (UCC). Les gaz qui ont été libérés se composaient d’au moins 24 tonnes d'isocyanate de méthyle (MIC) et d’autres produits de réaction, dont sans doute de l’acide cyanhydrique, de l’oxyde nitreux et du monoxyde de carbone. Pendant les deux ou trois jours qui ont suivi la catastrophe, plus de 7.000 personnes sont mortes et bien davantage ont été blessées. Au cours des vingt dernières années, les maladies dues à l'exposition aux gaz ont été la cause d’au moins 15.000 décès. Aujourd’hui, plus de 100.000 personnes souffrent toujours de pathologies chroniques et débilitantes contre lesquelles les traitements sont largement inefficaces ».
    Rapport d'Amnesty International ASA 20/015/2004 in « les nuages de l'injustice, la catastrophe de Bhopal, 20 ans après ».

    Plus on en transporte

    Le transport de produits chimiques augmente le nombre de camions sur les routes, la production de gaz à effet de serre et bien entendu les risques d’accidents.

    Plus on produit de déchets toxiques

    Malgré toutes les précautions prises pour en assurer le traitement, les déchets toxiques relarguent toujours des résidus dans l’environnement, notamment dans l'eau avec les œstrogènes que l'on retrouve à la sortie des stations d'épuration. Ces hormones de synthèses ont des des conséquences sur la faune des rivières, anéantissant notamment la fertilité des poissons et féminisant les espèces. Ces hormones étant liées à la fois aux résidus des produits d'entretien et autres cosmétiques mais aussi aux résidus médicamenteux. Certains sont brûlés et relargués dans l'air sous forme de poussières ou de particules. 

    Plus on contamine les milieux

    Eau, air, sols… on retrouve même des résidus de produits chimiques dans les glaces arctiques.
    A ce titre, on estime que les ours polaires sont une des espèces les plus menacées par les produits chimiques. Mais les poissons, et notamment les saumons, ne sont pas en reste. Les plus contaminés étant généralement ceux qui sont au bout de la chaîne alimentaire, c'est à dire les prédateurs comme les hommes.
    Outre l'homme, il s'avère que les produits chimiques menacent dangereusement les espèces. On estime que les dioxines, les PCB et autres DDT  sont ou ont été également une des origines du déclin de nombreux animaux... les effets de ces substances continuent de se faire ressentir étant donné leur persistance et leurs facultés de s'accumuler dans le corps de celui qui les ingère.
    Partout dans le monde, la faune, la flore et les éco-systèmes dans leur intégralité sont menacés par des produits chimiques qui peuvent modifier le développement sexuel, neurologique et comportemental, altérer la reproduction et diminuer les systèmes immunitaires. Et l'un des dangers, en plus du rejet dans l'environnement de produits chimiques, c'est la capacité de certaines substances chimiques à s'accumuler et persister dans l'organisme ou le végétal. 

     
     
    • Pour les parents ou futurs parents, il existe également un "petit guide vert pour les bébés bio", publié par ASEF (Association  Santé Envrionnement France). Ce très bon guide vous apportera à la fois des réponses aux questions que vous vous posez ainsi que des conseils.  Pour le télécharger, rendez-vous sur leur site www.asef-asso.fr/
    • Toujours sur le même site d'ASEF, une page propose un livret présentant quelques recettes pour faire ses propres produits d'entretien. Lien ici.
     
  • Le Gaspar (Groupement d’Associations de Services aux Particuliers de l’Agglomération Rennaise)

    Sensibilisé sur le thème "santé – environnement" à travers différentes interventions de la Mce ainsi que d'Air Breizh, le Gaspar a souhaité s'investir davantage dans ce domaine.  Son objectif est de mieux protéger la santé de ses salariés et de ses usagers-adhérents en diminuant les effets nocifs des produits d’entretien dans l’air intérieur du logement. Cet objectif vise également à apporter une plus-value à l’emploi et aux services offerts.
    Ce dessein rencontre pleinement notre volonté de développer la sensibilisation du grand public sur la question de la pollution de l’air intérieur à travers notamment les risques liés à l’utilisation des produits d'entretien.
    C'est logiquement que nous avons noué un partenariat pour un projet commun intitulé « qualité de l’air et entretien des logements ». Ce partenariat vise à sensibiliser les usagers-adhérents et les salariés et à leur proposer formations et informations.

    Un partenariat sur 3 ans

    En 2008 : Enquête auprès des salariés et usagers-adhérents sur l’utilisation des produits d’entretien et sur leur niveau de sensibilisation. Enquête téléchargeable en bas du paragraphe.

    En 2009 :  Élaboration du programme d’information et de formation des salariés et usagers-adhérents découlant de l’exploitation des résultats de l’enquête. La mise en œuvre du programme restant du ressort du Gaspar.

    En 2010 :   suivi des actions et évaluations 

    La Mce co-anime avec le Gaspar le groupe de pilotage, participe au programme d’information et de formation et apporte par ailleurs son soutien technique sur la réalisation et l'exploitation de l'enquête.

  • Ce groupe existe depuis 2007 et est composé de bénévoles des associations :

    - Eau et rivières de Bretagne
    - Greenpeace
    -
    Ufcs-Fr

    L’objectif de ce groupe est d’apporter une information claire et simple sur un sujet encore trop méconnu et qui pourtant concerne tout le monde sans distinction. Cette information est destinée au grand public, mais aussi à des professionnels, en particulier du secteur social ou du service à la personne. L'information existe à travers :

    • des publications
    • des animations / formations
    • des communications dans la presse


    Les publications du groupe de travail

    • 1 exposition constituée de 9 panneaux de 0,80 m  x 1,20 m sur la pollution de l'air intérieur,
    • 1 fiche « halte à la pollution dans la maison  »,
    • 1 livret « et si on faisait le ménage... dans nos placards ».
     

    - Se procurer la fiche et/ou le livret

    • par téléchargement en bas de paragraphe
    • à l’accueil de la Mce tous les jours de la semaine
    • ou par courrier adressé à la Mce au 48 Bd Magenta 35000 Rennes

     - Coût

    La fiche est gratuite et le livret est vendu 1 €
    Le port est à la charge du demandeur. Se renseigner avant la commande de son coût (variable selon le poids de chaque fiche et du nombre demandé).


    - Location de l'exposition :
    contactez directement la Mce pour voir les conditions.


    Les animations du groupe de travail

    Halte à la pollution dans la maison

    • Qu’est ce que la pollution de l'air intérieur ?
    • Quels sont les responsables ? Quels sont les risques et les dangers ?
    • Quelle est la place des produits d'entretien dans cette pollution ?
    • Comment agir au quotidien pour limiter cette pollution ?

    Ce module d’une durée de 2 heures est réalisé à partir :

    • d’une diaporama animé par le chargé de mission et parfois des bénévoles des associations
    • de la fiche d’information et du livret remis à l’issue de chaque séance à tous les participants.
       

    Il s’adresse à tous les publics. Un module plus technique peut être proposé aux personnels de structures sociales.


    Conditions techniques et financières

    L’organisme d’accueil prend en charge l’information et les éventuels inscriptions des participants. Il prend également en charge les déplacements des animateurs et un forfait d’animation.


    Pour plus d'information, vous pouvez contacter Erik Zilliox

     
  • CMEI, un métier encore trop méconnu
     
    CMEI signifie conseillèr(e) médicale en environnement intérieur.  En Bretagne, Sophie Frain tient ce rôle. L'intervention de la CMEI au domicile du patient s'effectue sur prescription médicale du médecin traitant, pneumologue, l'allergologue, ORL... qui estime que le patient doit bénéficier d'une visite. Notamment lorsque l'état du patient s'aggrave en dépit de l'observance des recommandations et du traitement, et que le logement peut s'avérer être responsable d'allergies récidivantes ou de crises d'asthme.


    Son rôle :

    • Etablir un audit de l'environnement intérieur : matériaux de construction et de décoration, exposition du logement, habitudes de vie,…
    • Recherche de polluants biologiques en rapport avec la pathologie (acariens, moisissures, blattes, chats,…), ainsi que de polluants chimiques potentialisateurs de réactions allergiques et irritants bronchiques.
    • Conseils sur leurs évictions et, ou la diminution de l'exposition dans l'habitat.
    • Conseils sur Ventilation/Aération.
    • Compte rendu écrit au patient, au médecin prescripteur et à tout autre intervenant de santé qui suit le patient.
     

    En Bretagne, Sophie Frain peut donc intervenir au domicile sur prescription médicale.
    Pour plus d'informations : www.captair-bretagne.com

  • Révolution technologique pour les uns, source d’inquiétude pour les autres, les nanotechnologies  sont un vaste sujet, difficile à appréhender, complexe…  et pourtant déjà bien présent au quotidien. Déjà de nombreux nano matériaux sont utilisés dans les produits de consommation courante, en médecine, dans des applications environnementales...


    De quoi s’agit-il ?

    Le préfixe « nano » vient du grec qui signifie nain. Nous sommes dans le domaine de l’infiniment petit :  le nanomètre c’est environ 50 000 fois plus petit que l’épaisseur d’un cheveu, 100 fois plus petit qu’une molécule d’ADN. Nous sommes à l’échelle du milliardième de mètre.

    C’est cette très petite taille qui confère aux nanoparticules des propriétés physiques, chimiques et biologiques nouvelles : meilleure réactivité chimique, résistance mécanique, conductivité thermique, électrique, etc. Incorporées dans la masse ou en surface, aux matériaux existants elles en améliorent ou en changent les caractéristiques.


    Des applications multiples
    produits nano
    Il y a aujourd’hui sur le marché environ 800 produits contenant des nanomatériaux.

    Quelques exemples :

    • dans les transports : matériaux plus légers et plus résistants pour les carrosseries, fuselages, pneumatiques, peintures anti corrosion, anti rayures, etc..

    • dans le domaine médical : matériaux composites plus légers, plus solides pour les prothèses, tests de grossesse plus rapide, etc.  En recherche des traitements anti cancéreux plus ciblés, plus précis les applications sont là aussi multiples et à venir.

    • dans le bâtiment : conception de surface hydrophobes, autonettoyantes, panneaux photovoltaïques améliorés,etc.

    • dans le secteur de l’eau, de l’air : des matériaux nanoporeux comme agents filtrant, des nanoparticules dans les peintures détruisant les polluants de l’air, etc.

    • dans les produits de consommation courante : des nanomatériaux:  dans les vêtements, chaussettes, raquettes de tennis, cadres de vélo, accessoires de sport, cosmétiques, soins personnels, crème solaire, dentifrice, etc.

    • dans l’ alimentation : chocolat en poudre, emballages alimentaires, compléments alimentaires, colorants alimentaires, matières plastiques, fibres synthétiques, etc…
     


    Exemple :
    Les nanotubes de carbone 100 fois plus rigides que l’acier servent à renforcer les raquettes de tennis.

    La firme Nano-Tex a breveté une fibre textile de taille nanométrique très résistante et imperméable aux tâches.
    Il existe aussi des nanofibres anti sueur, anti odeurs, etc. Cette technologie est utilisée par de nombreuses marques de sport.



    Pour quels usages ? l’exemple du domaine alimentaire.

    Les nanomatériaux utilisés dans l’alimentation permettent de modifier la couleur, l’odeur, le goût, la fluidité, la texture, la pénétration des aliments. Ils permettraient la protection d’ingrédients fragiles comme les vitamines par exemple. Des nanomatériaux incorporés aux emballages peuvent agir sur la conservation des aliments, sur la traçabilité. Une nanopuce intégrée dans un emballage alimentaire permet de suivre l’évolution micro biologique de l’aliment en cours de vie. Certaines matières évitent la formation de grumeaux : c’est le cas de la silice utilisée comme additif anti agglomérant .

      
     



    Quels risques ? Des interrogations multiples


    Pour la santé humaine : scandale de l’amiante, pollution atmosphérique entre autres, ont démontré que les microparticules constituent un danger pour la santé. On peut raisonnablement s’inquiéter des risques que représentent les nanoparticules qui sont  mille fois plus petites.
    En plus de la taille, la nature chimique de la particule (zinc, argent, nanotube de carbone, dioxyde de titane, silice, etc.) pourra accentuer les pathologies. Enfin, sa forme (nanotube, nanifibre, nanosphère) a aussi une incidence sur le risque santé.

    Nous sommes soumis à 3 voies d’exposition : l’ingestion, la voie cutanée et la respiration

    Quels effets les nanomatériaux/particules d’argent, de zinc, de titane, de carbone, etc… ont-ils sur notre métabolisme ?
    Qu’en est-il de leur biodégradabilité ?
    y-a-t-il des risques liés à leur concentration, à leur interaction ?… autant de questions restant sans réponses.

    Des risques accrus pour les salariés, qui manipulent et respirent les nanomatériaux.


    Pour l’environnement : la fabrication et le cycle de vie d’un nanomatériau pose question. Sur ce plan, l’impact environnemental des nanofibres de carbone pourrait être 100 fois plus important que celui des matériaux traditionnels. Une autre interrogation concerne les effets de concentration de nanoparticules/nanomatériaux dans l’air, les sols, l’eau.

    Pour les libertés individuelles :
    la miniatarisation des objets informatiques, leurs capacités démultipliées, leurs possibilités à inter agir à distance, etc. posent aussi nombre de questions.


    Les propositions des associations de consommateurs et d’environnement


    Les nanomatériaux présentent-ils plus d’avantages que d’inconvénients ? Difficile aujourd’hui de le dire.
    Par contre, si les nanomatériaux sont rapidement passés du domaine de l’étude scientifique au domaine de l’application industrielle pour des produits de la vie courante, les risques qu’ils portent potentiellement n’ont pas encore fait l’objet d’évaluation sérieuse. Et plus encore, il est impossible pour un consommateur de savoir si le produit qu’il utilise contient des nanomatériaux.

    José Cambou, Présidente de la FNE s’exprime ainsi « je soutiens qu’il y a des usages futiles….. j’ai fait valoir qu’il y a des usages grand public où un moratoire, défendu par la FNE avec vigueur depuis 2007, est plus que justifié. Une question reste en suspens : à quoi cette technologie peut servir utilement pour les humains et quels sont les usages inacceptables ? »

    De nombreuses associations se sont, depuis plusieurs années, saisies du dossier et ont exprimé des inquiétudes et revendications à propos de ces nouveaux matériaux.

    Ce que disent les  associations de consommateurs et d’environnement :

    • Aucune évaluation des risques ni pour la santé, ni pour l’environnement
    • Des protocoles de tests inopérants, inadaptés
    • Pas de déclaration obligatoire des nanoobjets, donc pas d’inventaires ; le consommateur nepeut exercer son libre choix
    • L’analyse bénéfice/risque inapplicable compte tenu des lacunes de connaissance
    • Important décalage de temps entre la mise sur le marché des nanoproduits et la recherche sur les risques potentiels
    • Absence de réglementation adaptée

    Ce qu’elles revendiquent

    • Application du principe de précaution
    • Evaluation des risques dans le cadre d’une expertise pluraliste et indépendante
    • Des moyens financiers pour une recherche sur les conséquences environnementales ou humaines avant la mise sur le marché,
    création d’un cadre réglementaire adapté à tous les niveaux
    • Inventaire des produits ou applications déjà sur le marché,
    • Information - étiquetage sur les produits qui contiennent des nanomatériaux,
    • Information et protection des salariés en contact avec les nanomatériaux
    • Intégration de la dimension éthique
    • Prévention de l’émergence de monopoles
     

    des associations demandent aussi

    • un moratoire partiel ou total sur les nanotechnologies.
     
     

    Des sites utiles pour aller plus loin